La pastèque carrée et les fruits les plus chers du Japon

La pastèque carrée et les fruits les plus chers du Japon

Du dépôt de Fudeoka aux marchés de Sapporo, de Kanazawa et d'Asahikawa : la forme, le sucre et le prix d'ouverture.

Vous avez déjà vu une pastèque carrée ? Au Japon, elle pousse dans un moule, pendant que le premier cageot de melons, de raisins ou de mangues peut partir, le matin de l'ouverture, à plusieurs millions de yens. On offre ces fruits, et les producteurs les trient jusqu'à fixer la forme, la couleur et le sucre. Commençons par la pastèque carrée.

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La pastèque carrée du Japon

La pastèque, ou suika (西瓜), est le fruit de l'été. Sur les plages, le jeu s'appelle suikawari (スイカ割り) : une personne a les yeux bandés et tente de fendre le fruit avec un bâton. Le cube se cultive à Zentsuji, dans la préfecture de Kagawa, sur l'île de Shikoku : la pastèque sort du champ avec des faces planes.

Suikawari sur une plage : une personne aux yeux bandés fend une pastèque ronde, à côté d'un cube rayé orné d'un nœud rose et d'une étiquette shimao

Les essais ont commencé vers 1965, pour obtenir une pastèque à plus forte valeur. Le premier cube est sorti vers 1975. On part d'une variété shimao, à la peau vert foncé et aux rayures nettes, ou d'un fruit du même type. Encore petit, il entre dans un moule cubique en plastique. Le nom « pastèque carrée de Zentsuji » est protégé depuis le 14 juin 2019, comme indication géographique n° 82. Seuls les rangs Suprême L et Excellent L partent sous ce nom.

Le 30 juin 2026, les expéditions ont repris au dépôt de Fudeoka, à Zentsuji. Les cubes alignés mesuraient environ 18 cm de côté. Sept exploitations de la ville cultivent la shimao et des variétés proches. Toshiyuki Yamashita, 78 ans, président de la section pastèque, tablait sur environ 450 pièces, davantage qu'une saison ordinaire. La pluie avait inquiété, et la pollinisation des papillons et des abeilles a tout de même bien marché. On cueille le fruit avant pleine maturité. Il se garde plus longtemps et part surtout comme cadeau à regarder, dans les grands magasins du Kantō et du Kansai.

Rangées de pastèques cubiques rayées, et vitrine où une mini pastèque carrée de premier choix est étiquetée 10 800 yens TTC

Sur la photo du rayon, l'étiquette d'une mini pastèque carrée de premier choix indique 10 800 yens TTC. Le prix de gros annoncé pour l'ouverture de 2026 tournait autour de 10 000 yens la pièce. Pour la Saint-Valentin et la Fête des Mères, le moule passe en forme de cœur.

Les fruits de cadeau et le prix du marché

Les sommes qui font la une concernent des fruits de marque, le jour de la première vente. Pour le kilo du quotidien, l'article sur les prix des fruits et légumes sur les marchés japonais remet l'échelle en place. Le cri du matin concerne une caisse, une grappe ou une pièce. Au marché, plus tard, l'étiquette suit un autre ordre.

Melon de Yubari

Ce melon est cultivé à Hokkaido, dans la ville de Yubari. La chair est orange, la peau fine, et le filet de la surface dessine un motif régulier. On l'envoie souvent en cadeau.

Le 22 mai 2026, au marché de gros de Sapporo, deux melons de Yubari ont atteint le record de 5,8 millions de yens, au-dessus des 5 millions de 2019. L'acheteur, Futami Seika, grossiste de Kushiro, les a ensuite confiés à Keio Store pour une exposition dans un supermarché de Tokyo. La coopérative de Yubari visait 3 086 tonnes cette saison, pour environ 2,12 milliards de yens, avec le pic de récolte en juin et juillet.

Melon à peau filetée, coupé en quartiers orange dans une assiette

Raisins Ruby Roman

Ces raisins viennent d'Ishikawa. Les grains sont gros, de la taille d'une balle de ping-pong, et la couleur tire sur le rouge profond.

Le 17 juillet 2026, au marché central de Kanazawa, la grappe la plus chère est partie à 1 million de yens. Neuf exploitations, dans sept communes dont Kanazawa et Kahoku, avaient apporté 191 grappes. JA Zen-Noh Ishikawa comptait environ 30 000 grappes à expédier d'ici à la fin septembre.

Un grain de raisin rouge presque aussi large qu'une paume, à côté d'une grappe plus petite

Pastèque noire Densuke

La Densuke est la pastèque noire de Toma, à Hokkaido : écorce sans rayures, chair sucrée, croquant net.

Le 19 juin 2026, au marché de gros Maruka, à Asahikawa, une pièce 4L de 9 à 10 kg a atteint 700 000 yens, le même prix depuis 2023, pour la quatrième année. Le record reste celui de 2019, à 750 000 yens. Le même jour, à Sapporo, une 6L de plus de 11 kg est partie à 600 000 yens. La coopérative de Toma prévoyait environ 40 000 fruits d'ici à la mi-août.

Pastèque ronde à l'écorce noire, posée à côté d'une tranche à chair rouge

Mangue Taiyo no Tamago

Taiyo no Tamago (太陽のタマゴ) est la marque de mangue mûre de Miyazaki. Pour porter le nom, le fruit doit atteindre au moins 15 degrés Brix et 350 grammes.

Le 16 avril 2026, au marché central de Miyazaki, deux mangues ont atteint 550 000 yens, soit 25 000 de plus que l'année précédente. Le lot le plus cher venait de Saito, en calibre 4L. La coopérative compte 216 exploitations. Pour l'ensemble des mangues mûres de la préfecture, elle vise 850,6 tonnes, avec le pic des envois de la mi-mai au début juillet.

Deux mangues rouges dans une caisse, l'une marquée Taiyo no Tamago et l'autre d'un vœu d'ouverture de saison

Fraises Queen de Sembikiya

Chez Sembikiya, à Tokyo, les fraises Queen sont choisies une à une pour la taille et la forme, puis rangées dans une caisse de bois. Sur l'étiquette de la photo, douze fruits sont marqués 6 825 yens TTC.

Fraises Queen de Sembikiya dans des caisses de bois, avec une étiquette à 6 825 yens TTC pour douze fruits

Pommes Sekai Ichi

Sekai Ichi (世界一) veut dire « numéro un mondial ». La variété Aori n° 4 a été sélectionnée à Morioka en 1930 et mise sur le marché en 1974. On la cultive surtout à Aomori. Le tour moyen va de 30 à 46 cm, et le poids courant tourne autour de 900 grammes. Certaines pommes dépassent le kilo. La chair est douce, peu acide, et on la mange fraîche.

Pomme rouge encore sur la branche, pendant qu'une main retire un autocollant

Dekopon

Dekopon est la marque déposée de la fédération fruitière de Kumamoto. Elle s'applique aux shiranui (不知火) qui atteignent au moins 13 degrés Brix et au plus 1 degré d'acidité. Le croisement, réalisé en 1972, réunit le kiyomi et le ponkan. La bosse du sommet explique le nom : deko pour le relief, pon pris à ponkan. Shiranui reste le nom du fruit. On retrouve suika, shiranui et les autres parmi les fruits et légumes dans la langue japonaise.

Agrumes orange avec une bosse autour du pédoncule, typique du shiranui vendu sous la marque Dekopon

La pastèque carrée dans Love Hina

Le même cube passe dans les dessins animés. Dans Love Hina, le personnage Mutsumi tient une pastèque carrée avec une aisance qui montre le format : le cube tient dans la main, avec des rayures droites.

Mutsumi, dans Love Hina, tient une pastèque carrée à une main devant une porte coulissante

Laquelle de ces fruits vous donne envie d'y goûter ? Le melon de Yubari, le Ruby Roman, la Densuke et la mangue se mangent. La pastèque carrée, cueillie avant le sucre, s'offre pour sa forme.

Sources et liens utiles

À propos de l'auteur

Kevin Henrique

Spécialiste avec plus de 10 ans d'expérience en culture asiatique, avec un focus sur le Japon, la Corée, les anime et les jeux. Autodidacte, écrivain et voyageur centré sur l'enseignement du japonais, les conseils de voyage et les curiosités profondes.

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