La première chose qu’on vous demandera, c’est de laisser vos chaussures au genkan, l’entrée, et souvent d’arriver avec un petit cadeau. Un homestay au Japon, c’est ça : pendant quelques nuits, vous mangez, vous vous lavez et vous dormez dans le même rythme qu’une famille.
Les hôtes n’ont pas l’emploi du temps d’une réception d’hôtel. Certains vous emmèneront au parc du quartier. D’autres partiront au travail et vous laisseront les clés. Ce qui compte, c’est de voir comment une maison fonctionne vraiment — y compris les règles qui, de l’extérieur, paraissent minuscules.
Homestay, en anglais, veut simplement dire séjour chez l’habitant. Au Japon, le mot recouvre plusieurs formules : une famille qui accueille des voyageurs contre rémunération, un échange plus volontaire, ou la maison d’amis et de connaissances. Le point commun, c’est que quelqu’un vit déjà là.
On n’a pas besoin d’un japonais fluide. Beaucoup d’hôtes sont patients, et le quotidien — le repas, le bain, le « je rentre » dit à voix haute — enseigne plus vite qu’un manuel. Ça peut aussi revenir moins cher qu’un hôtel du centre, surtout si le petit-déjeuner et le dîner sont inclus. Sur les plateformes actuelles, une nuit en famille d’accueil se situe souvent autour de 4 000 à 6 000 yens, parfois davantage selon la ville, la chambre et les repas. Le chiffre exact se lit dans l’annonce : ce qui est compris, les taxes, la durée minimale.
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Préparer son homestay au Japon
Avant de réserver, choisissez le lieu autant que les visages. Une gare à dix minutes change le séjour ; un été humide aussi. Les fiches décrivent en général la famille, le quartier, ce qu’on mange le matin et le soir. Lisez-les pour de vrai : le nattō, le poisson du petit-déjeuner ou une allergie non signalée deviennent un problème à table, pas sur l’écran.
Les plateformes de familles d’accueil, les écoles de langue et, parfois, des amis déjà sur place restent les chemins les plus clairs. Un appartement vide type minpaku, où l’on loue un logement sans partager le quotidien, est une autre formule. L’office du tourisme japonais distingue aussi le nouhaku, le séjour à la campagne lié à la ferme, à la forêt ou à la pêche. Si vous voulez une famille à table, vérifiez que l’hôte est bien présent — pas seulement que le mot « homestay » apparaît dans le titre.
Arrivez avec un omiyage, un cadeau de visite. Ce n’est pas un pourboire. C’est le geste attendu quand on entre dans une maison japonaise : quelque chose de votre pays, des sucreries qui se partagent, un objet simple. Nous avons déjà raconté comment fonctionne l’omiyage ; ici, il suffit de retenir que venir les mains vides pèse plus qu’on ne l’imagine en France.
Signalez aussi les allergies, un régime, l’heure d’arrivée réelle. Une famille n’a pas de réception ouverte toute la nuit.
Dans la maison japonaise
On se déchausse pour entrer. Vous pouvez emporter vos propres chaussons ; on les retire encore sur un tatami, et les toilettes ont souvent une autre paire. Les endroits où poser les chaussures sont visibles, et quelqu’un vous montrera la première fois.
Même quand le séjour est payant, beaucoup de familles proposent un restaurant du quartier, un parc, une balade hors de la ville. Acceptez ce que vous pouvez suivre. Refuser systématiquement le plat ou la sortie, sans raison claire, coupe le fil que vous êtes venu chercher.
Pour le bain : on se lave d’abord sous la douche, puis on s’immerge dans la baignoire. Toute la maison réutilise la même eau. À table, on dit itadakimasu avant de manger, et les règles des hashi, les baguettes, tiennent autant du respect que de la technique. Il existe d’autres usages, au restaurant comme à la maison ; autant les connaître un peu avant d’arriver, plutôt que d’improviser sous le regard de l’hôte.
Les maisons n’ont pas toujours une chambre d’amis. On vous proposera parfois le salon, souvent en tatami. Vous dormirez au sol, sur un futon japonais. Ça surprend la première nuit ; le geste qui compte le matin, c’est de le plier. Et au moment de partir, ne vous étonnez pas si quelqu’un continue d’agiter la main jusqu’à ce que vous disparaissiez au coin de la rue. Je l’ai vu tous les jours. C’était d’une tendresse presque comique.
Mon expérience en homestay
En 2016, pendant un voyage au Japon, j’ai logé gratuitement dans cinq maisons d’amis. La différence avec un homestay tarifé, c’est le temps : une famille qui accueille des voyageurs comme activité a souvent davantage de créneaux pour vous. Les miens travaillaient. J’ai quand même bien dormi chez chacun.
La première famille était brésilienne. La maison était grande — deux étages, un vrai lit double — et cassait l’idée que tout le Japon habite dans une boîte. Je n’y suis resté qu’un jour : KFC à midi, courses au Costco, dîner chinois le soir. Un autre jour, à Hamamatsu, un Brésilien m’a emmené au yakiniku et dans un onsen.
Deux autres familles m’ont gardé près d’une semaine à Osaka. Elles m’ont fait voir la ville autrement que le circuit des gares. Pendant ce voyage, le homestay a surtout rendu les journées moins solitaires.
Les écarts de manières intimident tant qu’on les lit sur une liste. Une fois dans la maison, ils deviennent des gestes : chaussures, cadeau, bain, itadakimasu, futon plié. Si l’idée vous tente, commencez par une ou deux nuits, dites ce que vous mangez, et laissez la famille vous montrer le reste. Vous avez déjà fait un homestay au Japon ? Racontez-le en commentaire.
Spécialiste avec plus de 10 ans d'expérience en culture asiatique, avec un focus sur le Japon, la Corée, les anime et les jeux. Autodidacte, écrivain et voyageur centré sur l'enseignement du japonais, les conseils de voyage et les curiosités profondes.
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