Si vous étudiez la langue japonaise, vous devez savoir qu'elle inclut plusieurs mots ou variantes pour une seule chose. Beaucoup de ces variations sont liées à la culture, à la hiérarchie, à la politesse et au formalisme. La manière dont les hommes et les femmes parlent en japonais change aussi, et ces variations ont leurs propres règles.
Si vous étudiez les pronoms japonais, vous remarquerez qu'il existe différentes manières de parler de moi et de toi selon le genre. Il existe aussi des mots, des constructions et des terminaisons jugés plus masculins ou plus féminins. Un 行くわよ trop appuyé, dans le japonais standard, peut sonner comme une réplique de personnage : on entend la différence, même sans connaître toute la grammaire.
Les mots associés aux femmes s'appellent onna kotoba (女言葉) ; les habitudes de conversation féminine, joseigo (女性語). Côté masculin : otoko kotoba (男言葉) et danseigo (男性語). On dit aussi 女らしい / 男らしい pour un comportement « comme une femme » ou « comme un homme » — ce n'est pas une deuxième langue, c'est un registre.
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La différence entre hommes et femmes
Les mots et terminaisons que l'on range souvent dans un genre ne sont pas une honte à éviter à tout prix. Parler « comme une fille » (ou l'inverse) n'est pas un crime linguistique. Il y a, autour des mots, le ton, le choix du verbe, la politesse. Parfois les particules aident ; elles ne font pas tout.
Le joseigo traditionnel est perçu comme plus doux, plus poli, parfois plus indirect. Le danseigo, comme plus abrupt. Les linguistes parlent souvent d'un continuum « rude / doux » plutôt que d'une frontière étanche homme / femme. Dans les manuels, l'idéal onnarashii (女らしい) pousse encore vers plus de formes polies, moins de copule da toute nue, davantage de préfixes o- et go-. Dans la conversation réelle, beaucoup de femmes jeunes parlent déjà un japonais plus neutre, sans わよ à chaque phrase.
Ce registre vit surtout dans l'informel. À l'écrit — hors dialogue cité — et dans le keigo, le genre du locuteur s'efface presque. Comme pour le keigo, on peut laisser le langage genré pour plus tard : on apprend d'abord la manière neutre de converser. D'autant que le registre bouge : ce qui passait pour féminin à l'ère Meiji n'est plus forcément ce que l'on entend aujourd'hui dans un train de banlieue.
Une précision d'histoire utile : le joseigo tel qu'on le décrit n'est pas « la langue secrète que les femmes ont inventée de zéro ». Il mélange un parler de cour raffiné et des habitudes d'écoles de filles de la fin du XIXe siècle, à l'époque où l'État voulait des « bonnes épouses, mères vertueuses » (ryōsai kenbo). Le masculin, lui, a longtemps collé au japonais « normal » des manuels — d'où l'impression que seules les femmes auraient un dialecte à part.
Terminaisons et leurs genres
Si l'on regarde l'évolution linguistique du Japon, une grande partie de ces associations s'est figée après Meiji. Les terminaisons japonaises donnent en général de l'emphase, une question ou une douceur à la fin de la phrase. Les listes ci-dessous sont des tendances, pas des casiers.
Les femmes utilisent souvent les terminaisons suivantes :
- わ - wa
- わよ - wa yo
- わね - wa ne
- のね - no ne
- のよ - no yo
- の - no
- だこと - da koto
- なの - na no
- かしら - kashira
- だわ - da wa
- てよ - te yo
Les hommes utilisent souvent les terminaisons suivantes :
- や - ya
- ぜ - ze
- ぜぇ - zee
- だぞ - da zo
- だな - da na
- だ - da
- だね - da ne
- な - na
- さ - sa
- ぞ - zo
- かい - kai
- だい - dai
Presque tous les exemples ci-dessus ont déjà été utilisés par les deux sexes. Certains restent un peu neutres : tout dépend de l'occasion, de la voix, de la région et du mot qui précède. Le わ « féminin » du japonais standard monte souvent en intonation. Le même わ, tombant, est courant chez les hommes — surtout dans le Kansai, y compris en ですわ / ますわ chez des locuteurs plus âgés. かしら (« je me demande ») reste marqué féminin ; l'équivalent plus partagé est かな.
Les filles posent souvent plus de questions sans か, ou avec の et なの. Les garçons gardent davantage か, et aussi かい et だい. Pour le détail des particules en fin de phrase, le reste du site entre dans le よ, le ね et le さ hors du seul genre.
Autres points du langage genré
Voyons quelques exemples de mots, d'expressions et de questions au neutre, au masculin et au féminin. Mieux vaut déjà connaître les bases du japonais : on reste ici en hiragana et en kanji de N5.
| Neutre | Masculin | Féminin |
| 行く | 行くよ | 行くわよ |
| 日本人 | 日本人だ | 日本人だわ |
| 高いのか? | 高いのかい? | 高いの? |
| 何? | 何だい? | 何なの? |
| 私 | 僕/俺 | あたし |
| 食べる | 食う | 食べるわ |
| 雨かな | 雨かな | 雨かしら |
Les pronoms japonais se séparent souvent par genre, mais les noms, eux, n'ont généralement pas de genre. Il n'existe pas, par exemple, un mot pour « chat » et un autre pour « chatte » : seulement neko. Dans quelques cas rares, un honorifique peut distinguer un nom neutre, du féminin et du masculin.
À l'écran, l'anime force le joseigo et le danseigo pour qu'on « lise » le personnage en une réplique. Dans un bureau, on entend surtout du です・ます. Copier un héros de shōnen au restaurant, c'est risquer de sonner en costume. Le japonais de la rue, surtout chez les jeunes, se rapproche d'un neutre familier — les particules extrêmes restent, mais elles ne portent plus toute la conversation.
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