Vous voyagez au Japon et vous n'avez aucune idée du médicament japonais à prendre pour un mal de tête, un rhume, une digestion capricieuse ou une gueule de bois ? Au rayon, tout a l'air sûr de soi : le kanji 薬 (kusuri) est sur le store, sur le blister du Bufferin et sur le sachet du Pabron. Le problème n'est pas le manque de remède. C'est que la boîte ne parle qu'en japonais.
Il faut se rappeler que de nombreux médicaments au Japon arrivent en plaquettes de petits comprimés. La notice demande souvent d'en prendre deux ou trois d'un coup : ce n'est pas une invitation à doubler la dose de chez vous. Le mieux reste de suivre la notice. Le chiffre de classe sur l'emballage dit déjà combien d'attention le comptoir attend.
Sommaire 8
Kusuri et Yakkyoku — la pharmacie au Japon
Kusuri [薬] est le mot dont vous avez besoin : médicament, remède, ce que vous cherchez dans le rayon. Montrez le symptôme, dites kusuri, et vous êtes déjà à mi-chemin.
La pharmacie qui délivre les ordonnances s'appelle yakkyoku [薬局], souvent collée à une clinique. L'endroit où entre le voyageur est plutôt une droguerie [ドラッグストア] : Matsumoto Kiyoshi, Welcia, Tsuruha, Sundrug. On y trouve du shampoing, des snacks, des lentilles et tout un couloir de boîtes en vente libre. Les deux aident. Ce n'est pas le même comptoir.
Tout au long de ces rayons, les noms changent d'une version à l'autre. Si vous vous sentez vraiment mal, sortez de l'allée et cherchez un hôpital au Japon. Ce qui suit sert au rhume de la climatisation, au mal de tête du décalage horaire ou à la piqûre d'été — pas à improviser sur quelque chose de sérieux.
Classification des médicaments au Japon
Sur les emballages, vous trouvez les caractères [第○類医薬品] où, à la place du cercle, se trouve un chiffre de 1 à 3. Ce chiffre est la classe de risque du médicament en vente libre :
Médicaments de classe 1 [第1類医薬品] : seul le pharmacien vous les remet, souvent après une question sur l'usage. Ce sont en général les produits de comptoir les plus exigeants.
Médicaments de classe 2 [第2類医薬品] : vendus par un pharmacien ou un vendeur agréé [登録販売者]. C'est là que vivent la plupart des antigrippaux et des antalgiques. Les effets secondaires méritent encore une lecture.
Médicaments de classe 3 [第3類医薬品] : produits de moindre risque, que l'on prend souvent soi-même : vitamines, une bonne partie de la dermo-cosmétique, le soutien du quotidien.
Certaines boîtes portent 指定第2類医薬品, avec le 2 dans un cercle ou un carré. C'est un médicament de classe 2 désigné : plus de prudence, presque toujours près du comptoir d'information pour que le personnel puisse répondre. Ce n'est pas un tampon automatique de « ne pas mélanger » ni d'« interdit aux femmes enceintes et aux enfants ». Ça, c'est la notice de ce produit.
Médicaments japonais pour les maux de tête et autres douleurs
Beaucoup de gens ont mal à la tête à cause du changement de climat, du train bondé ou du décalage horaire. Le Bufferin [バファリン] est l'antalgique que l'on voit le plus pour ce genre de tempe — une petite boîte tourne souvent autour de 1 000 yens.
Il existe plusieurs versions, chacune tournée vers un type de gêne :
- Bufferin A — le standard, à base d'aspirine —
- Bufferin Premium — pour une douleur plus intense —
- Bufferin Luna — coliques et autres douleurs menstruelles —
- Bufferin Kaze EX — quand la douleur arrive avec un rhume.

Le Tylenol [タイレノール] est le paracétamol des drogueries japonaises. On l'indique pour la fièvre, la grippe, le mal de dents, le mal de tête, les crampes menstruelles et les douleurs de dos. Un autre nom très demandé est l'EVE QUICK [イブクイック], à l'ibuprofène. Tylenol, EVE et une bonne partie des antalgiques de rayon se tiennent aussi autour de ces 1 000 yens.
Si le corps demande autre chose — nuque coincée après la valise, mollets en vrac à force de marcher — cherchez Vantelin [バンテリン] : gels et patchs pour les muscles, dans presque toutes les drogueries.
Médicaments japonais pour rhumes et grippes
Bufferin et Tylenol calment fièvre et malaise, mais un vrai rhume a ses propres boîtes. Le Pabron [パブロン] soulage toux, gorge irritée et nez qui coule. Il existe en comprimés et en poudre. Le Lulu Attack EX [ルルアタックEX] vise frissons, congestion, glaires, fièvre et éternuements, et se réserve en général aux plus de 15 ans. Le Kakkonto [葛根湯] est un kampo à la racine de kudzu que beaucoup prennent au premier éternuement, pas quand le rhume a déjà trois jours.

Si vous voulez aller droit au symptôme, demandez ces mots au comptoir : 風邪 (kaze) — rhume — 喉 (nodo) — gorge — 咳 (seki) — toux — 痰 (tan) — glaires — 鼻づまり (hanazumari) — nez bouché — くしゃみ (kushami) — éternuements — 発熱 / 熱 (hatsunetsu / netsu) — fièvre. Un article voisin sur tomber malade au Japon reprend aussi le chemin jusqu'au médecin.
Gorge irritée, mal des transports et digestion
Pour la gorge, mais aussi pour une articulation, une entorse ou une douleur musculaire plus vive, le Loxonin S [ロキソニンS] est un anti-inflammatoire au loxoprofène. Il est plus costaud qu'un paracétamol de rayon. Si l'estomac est fragile, mieux vaut un autre remède : le Loxonin S peut l'irriter. Pour un simple picotement de gorge, les pastilles nodo [のど / 喉] suffisent et se trouvent jusqu'au konbini.
Le Travelmin [トラベルミン] n'est pas un antidiarrhéique. C'est le classique contre le mal des transports du shinkansen, du ferry ou du bus : il prévient et soulage vertige, nausées et mal de tête du voyage. Le Travelmin Junior [トラベルミンジュニア] est pensé pour les enfants — l'âge est sur la boîte.
Pour la diarrhée et le malaise intestinal, le nom de toujours est le Seirogan [正露丸] : de petites boules sombres à la créosote de bois, avec une odeur et un goût qu'on n'oublie pas. Tout le monde n'arrive pas à les avaler. Ce n'est pas le même travail que le Travelmin. Le Gaster 10 [ガスター10] calme l'acidité et les brûlures — on le trouve en liquide, en poudre et en comprimés.

Piqûres d'insectes et gueule de bois
Le Kinkan [キンカン] est un liquide à poser sur la piqûre, et aussi sur les hanches, les épaules, une entorse ou un coup. Le Muhi [ムヒ] est la pommade ou le roll-on que l'on voit partout pour les démangeaisons, les éruptions, l'eczéma, l'urticaire. En été, il faut séparer deux gestes : calmer ce qui a déjà piqué, et éloigner le prochain moustique.

La Hepalyse [ヘパリーゼ] est la petite bouteille ou la boîte que l'on croise après une soirée. Elle ne fait pas de miracle : un soutien hépatique et des vitamines quand le corps demande de l'eau et un lit. Le No-Mikata [ノーミカタ] se prend avant, pendant ou après. L'autre nom de konbini est Ukon no Chikara [ウコンの力], la boisson au curcuma en petite bouteille de verre. Si la marque échappe, demandez futsukayoi [二日酔い].
Vocabulaire pour trouver son remède au Japon
Avec ces mots, on lit la boîte ou on s'adresse au pharmacien, au vendeur agréé. Pas besoin d'une phrase parfaite : le kanji du symptôme ouvre déjà le bon tiroir. Un lexique plus large se trouve aussi dans le vocabulaire médical en japonais.
| Français | Japonais | Romaji |
|---|---|---|
| médicament | 薬 | kusuri |
| pharmacie (ordonnances) | 薬局 | yakkyoku |
| droguerie | ドラッグストア | doraggu sutoa |
| mal de tête | 頭痛 | zutsū |
| fièvre | 発熱/熱 | hatsunetsu / netsu |
| rhume | かぜ/風邪 | kaze |
| toux | せき/咳 | seki |
| gorge | のど/喉 | nodo |
| nez bouché | 鼻づまり | hanazumari |
| nausée | 吐き気 | hakike |
| mal des transports | 乗り物酔い | norimono yoi |
| diarrhée | 下痢 | geri |
| brûlures d'estomac | 胸やけ | muneyake |
| piqûre d'insecte | 虫刺され | mushi-sasare |
| démangeaison | かゆみ | kayumi |
| gueule de bois | 二日酔い | futsukayoi |
| principe actif | 有効成分 | yūkō seibun |
Apporter ses médicaments au Japon
Acheter une boîte sur place n'est pas la même chose que d'entrer dans le pays avec le traitement de chez soi. Pour un usage personnel, on peut en général emporter jusqu'à un mois de médicaments sur ordonnance, ou jusqu'à deux mois pour d'autres produits, sans certificat. Au-delà, ou pour certaines substances réglementées, il faut l'Import Confirmation [医薬品等輸入確認証] du ministère japonais de la Santé, du Travail et des Affaires sociales, avant le vol.
Les narcotiques, les stimulants et une partie des formules à la codéine ou à la pseudoéphédrine suivent d'autres règles, parfois une interdiction nette. Vérifiez la composition, gardez l'emballage d'origine et une ordonnance, et ne supposez pas qu'un sirop français passe tel quel. Si le traitement quotidien s'épuise, ne le remplacez pas au hasard par un « équivalent » japonais : une clinique, le nom du principe actif et la posologie d'origine valent mieux qu'une boîte choisie à l'œil.

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