Vous connaissez la technique japonaise d'emballage appelée furoshiki ? Le mot désigne les deux : l'art de nouer, et le carré de tissu qui enveloppe vêtements, cadeaux, bouteilles ou presque n'importe quoi.
Son nom furoshiki [風呂敷] se traduit mot à mot par « furo » (bain) et « shiki » (étendre). Avant d'être l'emballage élégant des boutiques, c'était le tissu qu'on ouvrait au sol dans le vestiaire du bain. De là sont nés tous les autres usages — et il y en a beaucoup.
On s'en sert depuis plus de mille ans. Les mêmes nœuds marchent sur un grand carré et, à la limite, sur une serviette.
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Pique-nique parmi les fleurs
En suivant le sentier des cerisiers, au mois d'avril, dans un village appelé Shirakawago, j'ai rencontré pour la première fois le sympathique furoshiki. Il s'agit d'un carré de tissu sur lequel les gens emballent tout : cadeaux, boîtes, bouteilles, livres, obentos (bentos) et le reste.
En plus du détail artistique qui fait la différence dans l'emballage, il peut se transformer en porte-bouteilles, en sac à main ou en bandoulière. Un petit furoshiki, bien enroulé, peut imiter une fleur et décorer un tout petit cadeau.

Les cadeaux sont emballés dans de beaux tissus floraux, de préférence en soie. Pour un usage familial, un tissu plus simple suffit. En emballant un cadeau avec un furoshiki, vous offrez deux cadeaux en même temps.
Les Japonais soignent les tissus avec des motifs adaptés à chaque saison. Au printemps, par exemple, les fleurs et les petits animaux sont préférés. Les couleurs évoquent les fêtes ou les événements de l'époque.
Quelle taille de furoshiki choisir
Il n'existe pas de taille unique. Ils vont du carré qui tient dans la main à des pièces plus grandes qu'un drap : le grand fait environ 2 mètres et le basique traditionnel mesure souvent entre 34 et 37 centimètres.
Une règle pratique, sans dogme : choisir un carré dont la diagonale fait à peu près trois fois le côté de l'objet. Mieux vaut trop de tissu que pas assez pour le nœud.
| Côté approximatif | Usage habituel |
|---|---|
| 34–45 cm | Petite boîte, détail décoratif, nœud-fleur |
| 45–50 cm | Bento, livre ou boîte basse |
| 68–75 cm | Cadeau en boîte ou une bouteille |
| 90–120 cm | Sac, pique-nique, deux bouteilles |
| environ 2 m | Charge volumineuse, nappe, déménagement |
Ne le confondez pas avec le tenugui : celui-là est rectangulaire, plus fin, et sert surtout à s'essuyer. Le furoshiki est carré et pensé pour être noué.
Histoire et origine du furoshiki
Le tissu pour emballer apparaît déjà à la période de Nara (710–794), quand on utilisait des carrés — alors plutôt appelés tsutsumi — pour protéger et transporter des objets de valeur. À la période de Heian (794–1185), la noblesse s'en servait pour ranger les vêtements. Dans les bains ou onsen, c'était le moyen de séparer les affaires de chacun : on étendait le tissu, on y laissait les vêtements, puis on renouait le ballot en se rhabillant.
Le nom furoshiki — « étendre au bain » — se fixe plus tard, quand les bains publics se généralisent. Le geste d'envelopper, lui, est plus ancien.
Au XXe siècle, le furoshiki a reculé avec la popularité des emballages artificiels et du plastique. En 2006, la ministre japonaise de l'Environnement, Yuriko Koike, a lancé le Mottainai Furoshiki : un carré-symbole pour réduire les déchets. Mottainai, c'est cette peine japonaise de jeter quelque chose qui sert encore. La raison est simple : un tissu se réutilise et évite les sacs à usage unique.
N'importe quelle nappe, serviette ou chute imprimée, même un paréo de plage, peut devenir un sac ou emballer un cadeau. Il n'est pas obligatoire d'avoir de la soie : il faut un carré et un nœud qui ne se défait pas.
Nœuds et emballages vraiment utilisés
Le schéma ci-dessous rassemble plusieurs techniques classiques. Inutile d'apprendre les quatorze d'un coup : avec trois, on couvre presque tout.

- Otsukai tsutsumi — l'emballage de base pour les boîtes. Objet au centre, pointes opposées sur le paquet, nœud au-dessus.
- Yotsu musubi — les quatre pointes, deux nœuds. Ça tient bien, avec le nœud visible comme un nœud-fleur.
- Bin tsutsumi — pour une bouteille : on enveloppe le corps et les pointes libres forment l'anse.
Le nœud qui tient la plupart de ces plis est le ma-musubi (nœud plat). Ce n'est pas le nœud de grand-mère, qui se desserre dès qu'on tire. Si vous devez porter le paquet, celui-là vaut le coup.
Choses à faire avec un furoshiki
L'art d'emballer avec des tissus japonais ouvre un tas de possibilités. Le furoshiki est souvent décoré de motifs traditionnels ou par le shibori (technique de teinture).
Avec un seul carré, on peut faire un sac à anses nouées, envelopper des bouteilles, un sac pour les livres, un panier de fruits, un porte-pot, une boîte à repas ou un sac d'été. Le même tissu du pique-nique sert de nappe une fois dénoué.
Reste l'invitation à tester les formes, de la plus simple à la plus élégante, pour attacher le furoshiki. C'est une manière concrète de porter et d'offrir sans laisser un tas de papier déchiré sur la table.
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