Seiso n'a rien d'un slogan inventé pour les diapositives d'entreprise. C'est 清掃 (せいそう) : deux kanji, l'idée de rendre pur et celle de balayer, le même mot qu'on emploie pour le coup de balai du matin ou le nettoyage de l'école en fin de journée.
Les manuels de management le rangent au troisième rang des 5S, juste après le tri et le rangement, et le traduisent souvent par « faire scintiller ». Avant d'en faire une méthode, ça vaut le coup de regarder ce que le mot veut vraiment dire au Japon.
Seiso est la troisième phase du programme 5S, une méthode née au Japon pour améliorer l'environnement de travail. Elle porte ce nom parce qu'elle réunit cinq mots commençant par S : Seiri, Seiton, Seiso, Seiketsu et Shitsuke.
Contrairement à l'image d'usine qu'on lui colle parfois, la démarche peut s'appliquer dans d'autres contextes, y compris à la maison. Seiso, c'est le sens de la propreté, du soin et de l'inspection : on nettoie, et en nettoyant on voit ce qui cloche.

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Signification de seiso (清掃)
« Seiso » 清掃 (せいそう ; seisou) est un mot japonais qui signifie nettoyage. Le premier kanji, 清, a l'idée de quelque chose de pur, propre, clair — souvent associé à l'eau. Le deuxième kanji, 掃, porte le sens de balayer, de nettoyer. On peut donc le définir comme un « balayage qui purifie » ou, plus simplement, comme « nettoyage », puisque nettoyer et rendre propre restent très proches.
La méthodologie 5S, dans laquelle s'insère le seiso, a été créée au Japon et reflète beaucoup la manière d'agir et de penser du Japon de l'après-guerre, où l'on visait une exigence élevée dans le travail, ainsi qu'un succès productif capable de relancer l'industrie. Avec le succès de la méthode, les entreprises occidentales ont commencé à y prêter attention, et elle s'applique aujourd'hui dans des contextes très divers.
Hors du Japon, le 5S est souvent traité comme une campagne ponctuelle de grand ménage. Dans le quotidien japonais, seiso ressemble davantage à une habitude : chacun nettoie son espace, et la propreté des rues n'est pas seulement l'affaire d'une équipe de nuit.
Le perfectionnisme japonais et la propreté extrême
Comme on le disait, le perfectionnisme japonais pèse clairement ici. Le seiso est aussi quelque chose de culturel : la propreté reste appréciée, visible dans des rues et des avenues étonnamment nettes, et dans le contrôle strict de la collecte et du recyclage des déchets. Tous ces facteurs aident à appliquer le seiso sans le réduire à un audit annuel.
On le voit aussi dans les écoles, où les élèves participent au nettoyage, dans les rues où les poubelles publiques sont rares, et dans le tri des déchets au quotidien.
Pour avoir une idée de la façon dont ils sont « obsédés » par la propreté de toutes les choses, même les œufs vendus dans les supermarchés sont inspectés d'une manière sans égale par rapport au reste du monde, de sorte qu'il est presque impossible de trouver un cheveu ou une saleté (même minime) sur n'importe lequel d'entre eux.
Chaque unité passe par un contrôle extrêmement rigoureux pour être consommée en parfait état, ce qui fait que le Japon est l'un des pays avec le moins de risque de contracter la salmonelle provenant des jaunes d'œufs. D'où aussi la question, souvent posée, de savoir pourquoi les Japonais mangent des œufs crus.
Personnellement, je trouve cette habitude très positive, parce qu'elle aide à prévenir les maladies et à garder une odeur agréable dans les locaux.

Seiso, kaizen et méthode 5S
Il est intéressant de noter que le seiso, avec les autres étapes de la méthodologie 5S (seiri, seiton, seiketsu et shitsuke), découle de la philosophie japonaise de l'amélioration continue, plus connue sous le nom de kaizen. Cette philosophie de vie peut s'appliquer à la fois dans la vie personnelle et au travail, parce qu'elle vise l'amélioration maximale et constante de tous les processus, la réduction des coûts et l'augmentation de l'efficacité (et de la productivité).
Le kaizen n'est donc pas un slogan à part : seiso en est une pièce concrète, celle du nettoyage qui révèle les défauts.
Par conséquent, le sens de la propreté compte autant pour la structure physique d'un lieu que pour les personnes qui le fréquentent : un environnement propre est plus facile à habiter. Dans une société qui accorde autant d'importance à l'harmonie environnementale et sociale, le seiso reste essentiel.
Voici ce que signifie chacun des éléments de la méthodologie 5S, dans l'ordre, et comment le seiso s'insère dans l'ensemble :
- Seiri : distinction entre ce qui est nécessaire et ce qui ne l'est pas ;
- Seiton : organisation du matériel nécessaire à la production de quelque chose ;
- Seiso : nettoyage, et inspection pendant qu'on nettoie ;
- Seiketsu : hygiène, et maintien de ce qui a déjà été mis en ordre ;
- Shitsuke : discipline, détermination, honneur et rectitude de caractère.
Remarquez que des principes comme l'organisation, la discipline, l'honneur et la rectitude de conduite sont aussi mis en évidence. Seiso n'est que le troisième S, mais sans lui les quatre autres restent théoriques : la poussière cache les fuites, les fissures et les habitudes bâclées.
Vocabulaire de nettoyage
- 清掃 (せいそう, seisou) = Nettoyage, seiso.
- 掃除する (そうじする, soji suru) = Nettoyer.
- 清潔 (せいけつ, seiketsu) = Hygiène, hygiénique.
- 綺麗 (きれい, kirei) = Propre, beau.
- ざっと掃除 (ざっとそうじ, zatto soji) = Nettoyage superficiel.
- 石鹼 (せっけん, sekken) = Savon.
- 布巾 (ふきん, fukin) = Chiffon.
- 掃く (はく, haku) = Balayer.
- ほうき = Balai.
- 霧吹き (きりふき, kirifuki) = Vaporisateur.
- 洗剤 (せんざい, senzai) = Produit de nettoyage, détergent.
- 洗濯 (せんたく, sentaku) = Lavage du linge.
- 水 (みず, mizu) = Eau.
- 泡 (あわ, awa) = Bulle de savon, mousse.
Si le mot seiso vous était déjà familier au bureau, le vocabulaire ci-dessus montre qu'il appartient aussi à la maison, à l'école et à la rue. C'est peut-être ça, le vrai écart : au Japon, nettoyer n'est pas un métier à part, c'est une façon de regarder l'espace.
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