Vous connaissez sans doute le mot yama (山), la montagne en japonais. C'est l'un des premiers kanji que l'on apprend, mais il ne suffit pas à tout dire : selon le relief ou le nom propre, la langue change de terme et de lecture. Les repérer aide à lire une carte, un nom de lieu ou un article consacré au mont Fuji.
Les montagnes occupent environ 63 % du territoire japonais et les collines 12 %, une proportion qui explique leur place dans la culture du pays. Le kanji 山 en est le reflet : c'est un pictogramme qui représente une petite chaîne de trois sommets.
La montagne y est aussi un lieu sacré, où l'on vénère les dieux et les esprits. Le caractère apparaît jusque dans des noms de lieux comme 和歌山 (Wakayama).
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Le kanji 山 (yama)
Le caractère sert également de clé dans des kanji comme 岩 (rocher) ou 峰 (pic, sommet). Il entre aussi dans de nombreux mots composés : 火山 (kazan), le volcan, 冬山 (fuyuyama), la montagne en hiver, ou 山積み (yamazumi), qui décrit quelque chose d'empilé comme une montagne.
On le retrouve enfin dans des expressions imagées, comme 山彦 (yamabiko), l'écho qui se répercute d'un versant à l'autre.

Différentes façons de dire montagne en japonais
Le japonais dispose de plusieurs termes pour parler des montagnes, selon le type de relief ou la partie que l'on désigne.
- 山 (yama) : le mot le plus courant, qui désigne une montagne en général, de la petite colline au grand sommet.
- 岳 (take ou dake) : le terme des sommets élevés et des montagnes de premier plan. 北岳 (Kitadake), dans les Alpes japonaises, culmine à 3 193 m : c'est le deuxième sommet du Japon après le mont Fuji, et le plus haut sommet non volcanique du pays.
- 峰 (mine) : le pic, le sommet d'une montagne. Celui du mont Fuji porte le nom de 剣ヶ峰 (Kengamine), à 3 776 m ; son ascension se prépare à l'aide du guide pour escalader le mont Fuji.
- 坂 (saka) : une pente ou une côte. 雲母坂 (Kirarazaka) est l'ancien chemin qui reliait Kyoto au sommet du mont Hiei.
- 隆起 (ryūki) : terme de géologie désignant le soulèvement du terrain, à l'origine de certains reliefs.
La montagne tient une place particulière dans la vie japonaise : ses pentes accueillent des temples et des sanctuaires, et beaucoup de Japonais la parcourent en randonnée (山歩き, yamaaruki). Le mont Fuji attire à lui seul des millions de visiteurs, et les meilleurs endroits pour le voir se trouvent autour des cinq lacs, au nord.

Les montagnes appelées « san »
Pourquoi dit-on Fuji-san et non Fuji-yama ? Le san des noms de montagnes est la lecture sino-japonaise (on'yomi) du kanji 山, celle qu'il prend dans de nombreux mots composés, à commencer par les noms de montagnes. Il se distingue du suffixe honorifique -san que l'on ajoute aux noms de personnes.
La confusion est fréquente chez les francophones : parler du « mont Fujiyama » revient à répéter deux fois le mot montagne, puisque yama signifie déjà « montagne ».
Outre le célèbre Fujisan, plusieurs montagnes portent cette lecture dans leur nom.
- 筑波山 (Tsukubasan) : une montagne de la préfecture d'Ibaraki, formée de deux pics.
- 白山 (Hakusan) : un volcan situé à la limite des préfectures d'Ishikawa et de Gifu, l'une des Trois montagnes sacrées du Japon avec le mont Tate et le mont Fuji.
- 羊蹄山 (Yōteizan) : un volcan de Hokkaidō, dans le parc national de Shikotsu-Tōya.
« Fuji-san » signifie donc simplement « mont Fuji ». Certaines montagnes sont même surnommées « Fuji » en référence au plus célèbre des sommets : c'est le cas du mont Yōtei, appelé « Ezo Fuji ».
Un nom japonais de montagne se décode ainsi : le kanji final 山 se lit le plus souvent san ou zan (Fujisan, Tsukubasan, Yōteizan), alors qu'employé seul il reste yama ; 岳, 峰 et 坂 annoncent ensuite un sommet élevé, un pic ou une pente. De quoi lire une carte, un panneau ou un nom de lieu sans hésiter.






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