Au Japon, beaucoup de gens restent Tanaka-san pendant des années. Puis, un soir, le même Tanaka devient Taku, Kimu-Taku ou même un petit -tan, et le formalisme tombe d'un coup — sans que le prénom officiel ait changé d'une syllabe.
Ce n'est pas que le japonais n'ait pas de surnoms. C'est que l'adana arrive tard, une fois la distance déjà un peu pliée. Les manières ci-dessous montrent comment un nom se raccourcit, se colle ou se tord — et ce qu'il vaut mieux ne pas coller trop vite à quelqu'un.
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Existe-t-il des surnoms au Japon ou dans la langue japonaise ?
Le japonais est une langue très formelle, donc les surnoms ne sortent pas dès la première poignée de main. Lorsqu'une personne devient intime avec l'autre, on l'appelle généralement par son prénom. C'est déjà, à soi seul, une façon d'exprimer l'affection et l'amitié.
Mais les Japonais ont aussi de vrais surnoms adorables. Ils lancent un adjectif comme kawaii, raccourcissent un prénom, ou inventent un jeu de sons. La façon la plus courante de surnommer quelqu'un reste de couper le prénom et d'y coller un suffixe familier.
Il n'est pas facile de trouver une « liste officielle » de surnoms japonais, parce qu'un adana est souvent un jeu de mots sur le nom, pas un catalogue figé. Heureusement, quelques formes reviennent assez souvent pour qu'on puisse les montrer.
Adana et aishō — le surnom en japonais
Les surnoms japonais s'appellent adana [あだ名]. On parle aussi d'aishō [愛称] quand le nom de rechange est surtout affectueux, intime ou un peu officiel — pour une idole, un animal, un train. L'emprunt anglais nickname existe aussi : [ニックネーム].
Un surnom sert à appeler quelqu'un, à signer un personnage de jeu, un forum, ou un animal de compagnie. Certains sont taquins, parfois blessants ; au Japon, les plus durs restent moins courants dans la conversation polie qu'on ne l'imagine en regardant un anime.
Un point utile : -san, -chan ou -kun ne sont pas des surnoms. Ce sont des suffixes honorifiques. Ils se collent au nom — ou à l'adana déjà formé. Haru-chan, ce n'est pas encore un surnom : c'est Haru, plus un suffixe tendre.
Les trains, eux, portent souvent un vrai aishō de service : Hayate et Nozomi sont des noms de Shinkansen, pas des surnoms qu'on colle au hasard à une moto. Même des lieux reçoivent un surnom : le quartier général de la police de Tokyo s'appelle encore Sakuradamon [桜田門].
Pour les animaux, deux classiques tiennent depuis longtemps : « Pochi » [ポチ] pour un chien et « Tama » [タマ] pour un chat.

Surnom en raccourcissant le nom
La manière japonaise de créer des surnoms est l'une des plus malines — et des plus amusantes — du monde. Le plus courant et le plus simple consiste à raccourcir le prénom ; on le voit aussi en Occident. De la même façon que l'on dit Dani pour Daniele, les Japonais disent Haru pour Haruna.
En général, on cache la dernière syllabe, parfois les deux. Il faut aussi un suffixe d'appellation : le plus courant pour une fille proche est -chan, pour un garçon -kun. Ce sont des suffixes informels, pour les amis — pas un tampon à coller sur un supérieur.
Comme forme encore plus douce, -tan respire la tendresse de bébé. Une autre piste est le suffixe -rin. À la fin de la page, il y a une liste plus longue de ces petites queues kawaii.
On n'abrège pas seulement le prénom : le nom de famille, raccourci avec un suffixe mignon, circule aussi beaucoup. Pensez donc à ce que donnerait le nom de famille de votre ami, pas seulement son prénom.
Certains noms s'allongent d'une voyelle [ー] sur la dernière syllabe. D'autres retirent une mora et la remplacent par un petit tsu [っ]. Quelques exemples :
- Miichan à partir de Misaki (allongement ー) ;
- Yukko à partir de Yuuko (petit tsu) ;
- Yuririn à partir de Yuri (suffixe).

Surnom en joignant les noms
Une autre option consiste à coller un bout du nom de famille et un bout du prénom. Kimura Takuya devient Kimu-Taku. Chez les fans, Matsumoto Jun devient MatsuJun.
Certains noms ne sont ni un simple raccourci, ni une fusion propre. On prend un morceau du nom, on y ajoute une onomatopée, un adjectif ou un trait de la personne, et le résultat ne ressemble plus tout à fait à l'état civil.
Chez les chanteuses, les idoles et les doubleuses, ce jeu devient presque un métier : le public a besoin d'un appelatif kawaii, souvent annoncé dès le début. Voici des formes qui ont tenu :
- Maririn — Mariko Shinoda ;
- Meetan — Megumi Ohori ;
- Hikki — Utada Hikaru ;
- Miikashi — Miike Takashi ;
- Emurina — un prénom étranger comme Emu, allongé ;
- Kyonkyon — Kyoko Koizumi ;
- Match — Kondo Masahiko ;
- Yukko — Yukiko Okada ;
- Mayuyu — Mayu Watanabe ;
- Aii — Aika Hirota.

Surnoms avec jeux de mots sur les kanji
Les noms japonais s'écrivent avec des idéogrammes qui portent déjà un sens. Beaucoup de kanji partagent la même lecture : on peut donc surnommer quelqu'un sans changer le son, seulement l'image mentale.
Si un ami s'appelle Shi [市], tu peux écrire Shi [士], plus proche du guerrier ou du gentleman. Le nom se prononce pareil ; dans ta tête, ce n'est plus la même personne.
Qui n'a pas en tête le célèbre Ichigo [一護] ? Ses kanji n'ont rien d'une fraise, mais ichigo se lit aussi 苺. Les gens qui portent ce nom finissent souvent associés au fruit, qu'ils le veuillent ou non.
D'autres lectures se plient autrement. Daininki [大人気] signifie « très populaire » — ce n'est pas un prénom, mais le même bloc de kanji peut servir de clin d'œil si le surnom colle à la personne.
Pour ce genre de création, il faut déjà bien connaître les idéogrammes — et surtout la personne, sinon le jeu de mots sonne forcé.

Surnoms issus d'erreurs de prononciation
Certains surnoms naissent en cassant exprès la prononciation, ou en se trompant pour de vrai. Une autre source est le rendaku, où KA devient GA et TA devient DA : le nom glisse d'un cran et devient déjà un autre appelatif. Le détail de cette voisement est dans Rendaku — la vocalisation séquentielle.
D'autres dérivent le nom vers un mot ou un adjectif qui sonne presque pareil, parfois écrit avec un autre kanji. Le cas le plus cité dans les anime reste Sawako devenue Sadako dans Kimi ni Todoke.
Quelques glissements par erreur, ressemblance ou rendaku :
- Teko → Peko
- Ayachan → Yayachan
- Manaka → Maaka
- Reina → Reenya
On peut aussi inverser les syllabes, traduire le nom en anglais, ou coller une syllabe qui rappelle un trait de la personne. Les combinaisons ne s'arrêtent pas :
- Yuichan — Chanyui
- Nanami — Miinana
- Haruka — HaruHaru
- Momo — Peach
- Koharu — Chibiharu
Surnoms affectueux en japonais
Voici des appelatifs doux qu'on entend vraiment. Certains n'ont de sens qu'avec un suffixe (chan, kun) ; d'autres tiennent seuls. Ce ne sont pas tous des adana au sens strict : danna ou anata sont plutôt des façons de s'adresser à quelqu'un.
| Japonais | Romaji | Sens |
| ダーリン | daarin | Darling — chéri |
| ハニー | hanii | Honey — miel, chéri |
| 旦那 | danna | Mari, forme familière |
| 嫁 | yome | Épouse, jeune mariée |
| 奥さん | okusan | Épouse (plus poli) |
| 夫 | otto | Époux |
| 妻 | tsuma | Épouse |
| 団子 | dango | Boulette sucrée — surnom potelé |
| 鼠ちゃん | nezumichan | Petite souris |
| あなた | anata | Toi ; parfois « chéri » dans un couple |
| スウィーティー | suuiitii | Sweetie — douceur |

Surnoms péjoratifs en japonais
Cette liste sert à reconnaître l'insulte, pas à l'envoyer. Au Japon aussi, on fabrique un surnom blessant en tordant le nom, ou en collant un mot laid plus -san, comme si le formalisme rendait le coup plus sec. Parfois ce n'est même pas voulu : c'est juste un trait physique devenu étiquette. Le vocabulaire plus rude est dans gros mots et insultes en japonais.
| Japonais | Romaji | Sens |
| 駄目君 | damekun | Bon à rien, raté |
| ボケ | boke | Idiot, béat |
| バカちゃん | bakachan | Idiot (avec un -chan moqueur) |
| バカち | bakachi | Idiot, forme coupée |
| 不細工 | busaiku | Laid, pas mignon |
| ガキ | gaki | Gosse, morveux |
| 豚 | buta | Cochon |
| あほ | aho | Idiot (plutôt Kansai) |
| 変態 | hentai | Pervers |
Suffixes mignons en japonais
L'idée est simple : à la place des ronds 〇〇, tu mets le nom (souvent déjà raccourci), puis le suffixe. Ça fait à la fois surnom et caresse vocale, mais seulement avec quelqu'un de vraiment proche. Tous ceux ci-dessous tirent vers le kawaii.
Certains suffixes collent mieux à un nom déjà fusionné. Fujita Nicole devient Nikorun : le prénom Nicole, coupé, plus run. Avant de choisir, écoute si le suffixe s'accroche au son, ou s'il tombe comme une pièce rapportée.
- 〇〇ちゃん — chan
- 〇〇ちゃそ — chaso
- 〇〇ちゃま — chama
- 〇〇ちゅん — chun
- 〇〇しゃん — shan
- 〇〇たん — tan
- 〇〇たそ — taso
- 〇〇たゃ — tya
- 〇〇きゅん — kyun
- 〇〇きゃん — kyan
- 〇〇ん — n
- 〇〇やん — yan
- 〇〇はん — han
- 〇〇ちん — chin
- 〇〇りん — rin
- 〇〇めろ — mero
- 〇〇める — meru
- 〇〇にゃ — nya
- 〇〇みゅ — myu
- 〇〇にゃん — nyan
- 〇〇ぴょん — pyon
- 〇〇ぽぽ — popo
- 〇〇ころ — koro
- 〇〇ぺこ — peko
- 〇〇ち — chi
- 〇〇す — su
- 〇〇ぴ — pi
- 〇〇ぷー — puu
- 〇〇ぬ — nu
- 〇〇もち — mochi
- 〇〇まる — maru
- 〇〇ぽよ — poyo
- 〇〇っちょ — tcho
- 〇〇ちょこ — choko (chocolat)
- うさ〇〇 — préfixe usagi (lapin)
- ゆめ〇〇 — préfixe yume (夢, rêve)
- 〇〇てぃー — tii
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