Le tanuki (狸) ou chien viverrin japonais est un petit animal canin du Japon, reconnaissable à ses marques noires autour des yeux. On le trouve dans les montagnes et les plaines, mais il est surtout commun dans les forêts — et on le croise même au bord des villages.
Beaucoup le prennent pour un raton laveur. Ce n'est pas le cas : le tanuki est un canidé, plus proche des renards que du raton. Dans certaines régions du Japon, on l'appelle aussi mujina, un mot qui désigne parfois le blaireau, ce qui mélange encore les pistes.

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Comportement et style de vie
Ils sont omnivores : graines et fruits autant que grenouilles, lézards et petits rongeurs. Bien qu'ils soient des animaux sauvages, ils ne sont pas agressifs. Ils préfèrent fuir un combat, et parfois se faire passer pour morts pour éviter une menace.
Ce sont des animaux généralement monogames. La gestation dure un peu plus de 60 jours, et le mâle aide à élever les petits en apportant de la nourriture jusqu'au sevrage, autour de 50 jours après la naissance. La portée compte souvent quatre à six petits.
Parmi les canidés, le tanuki est le seul à entrer dans un état proche de l'hibernation quand le froid s'installe — surtout à Hokkaidō. Avant cela, il peut augmenter sa masse corporelle d'environ 50 % pour stocker de la graisse. Il a aussi des griffes courbes qui lui permettent de grimper aux arbres, et des dents relativement petites.
On signale parfois des tanukis élevés comme animaux de compagnie, mais l'espèce reste sauvage. Au Japon, on les a longtemps chassés pour la chair — à laquelle on prêtait des vertus médicinales — et pour la peau, utilisée notamment dans les pinceaux de calligraphie. Le cousin continental, lui, a surtout été élevé pour la fourrure. Aujourd'hui, les collisions routières tuent bien plus de tanukis que la chasse : l'animal fait le mort au milieu de la route, et ça lui coûte cher.

Le tanuki dans la culture japonaise
Comme le kitsune, le tanuki est représenté dans le folklore avec le pouvoir de changer de forme. On l'appelle alors bake-danuki (化け狸). Il apparaît dans les peintures et les statues avec un chapeau de paille et une bouteille de saké. Dans les arts, on lui donne aussi un gros ventre et un scrotum énorme. Les contes le décrivent comme joueur, joyeux, un peu tête en l'air — et capable, dans les versions anciennes, de tours nettement moins gentils.
Les anciens le peignaient parfois comme un monstre inquiétant. Aujourd'hui, il est devenu une figure de générosité, de fête et d'innocence. Ses statues gardent l'entrée des commerces, des maisons, surtout des restaurants et des bars, pour attirer les clients — un peu comme le maneki-neko.
Le nom apparaît déjà dans le Nihon Shoki (720) : des tanukis du pays de Mutsu se changent en humains et chantent. Plus tard, les estampes d'Edo — Utagawa Kuniyoshi en tête — s'amusent du scrotum étirable, dont la peau servait réellement à battre les feuilles d'or. Le ventre, lui, devient tambour : le son pompoko a donné son titre au film du Studio Ghibli.
Les huit attributs des statues de Shigaraki
Certains voient dans le tanuki de céramique huit signes de bonne fortune. Ces okimono viennent surtout de Shigaraki, dans la préfecture de Shiga. On les trouve aussi sur des bouteilles de saké.
- le chapeau de paille (kasa) — se préparer aux intempéries et aux coups durs ;
- les grands yeux — juger la situation avant d'agir ;
- le visage souriant — accueil et bon caractère ;
- la bouteille de saké (tokkuri) — vertu, et le plaisir de boire sans se ruiner la santé ;
- la grande queue — tenir jusqu'au bout ;
- le gros ventre — calme et audace (en japonais, daifuku, « gros ventre », sonne comme « grande fortune ») ;
- le billet à ordre — confiance et parole donnée ;
- le « sac d'or » — le scrotum, jeu de mots avec kintama, promesse de richesse.
À Tokushima, le festival Awa no Tanuki (阿波の狸まつり) a lieu au début de novembre depuis 1978. Awa, l'ancien nom de la province, est aussi le pays des tanukis légendaires Kinchō et Rokuemon.

Super Mario, Pompoko et les autres doubles
En Occident, le tanuki s'est surtout fait connaître par Super Mario Bros. 3. Le costume Tanooki permet à Mario de planer et de se changer en statue — invulnérable le temps de la transformation.
En 1994, Pompoko d'Isao Takahata suit une bande de tanukis qui tentent de sauver leur forêt face aux lotissements de la banlieue de Tokyo. On retrouve aussi le tanuki chez Tom Nook dans Animal Crossing, et dans une foule d'animés et de légendes où il oscille entre animal, yōkai et voisin un peu trop humain.
Le tanuki réel continue de vivre dans les satoyama et jusque dans les caniveaux de Tokyo. Le tanuki de céramique, lui, reste planté devant l'izakaya, chapeau de travers, saké à la main. Les deux portent le même nom. Ce n'est pas la même créature.
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