« Japonais ? Pourquoi le japonais ? Pourquoi une langue si inutile ? Pourquoi pas l'anglais, l'espagnol, le français… » C'est l'une des réponses que vous recevez quand vous dites « j'apprends le japonais ».
Pour beaucoup de gens, l'anglais reste irremplaçable, plus important que n'importe quelle autre langue. Pourtant, apprendre le japonais peut vous convenir — et, sur certains points, sembler plus simple que l'anglais qu'on vous a demandé d'apprendre par obligation.
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Le japonais plus facile que l'anglais ?
Personnellement, je trouve le japonais plus facile que l'anglais. Certains vont sursauter et contredire cette opinion, mais c'est ainsi que je le vis. Attention : plus facile à parler, pas plus rapide à cocher sur un CV.
Pour un francophone, l'anglais part avec une longueur d'avance : même alphabet, des années d'école, et une foule de mots déjà familiers. Le japonais demande d'apprendre les hiragana, les katakana, puis les kanji. Sur le papier, le classement paraît évident.
Le Foreign Service Institute américain, qui forme des diplomates anglophones, classe le japonais parmi les langues « super-hard » : environ 88 semaines, soit 2 200 heures de cours, pour viser un niveau professionnel. Ce n'est pas un classement pour francophones, et ce n'est pas une raison d'abandonner. C'est simplement le temps de classe qu'ils prévoient quand on part de l'anglais.
La vraie difficulté du japonais, pour moi, reste l'écriture. Une fois qu'une partie des kanji tient, le reste devient même satisfaisant. La grammaire est souvent plus directe qu'on ne le croit : pas de pluriel comme en français, pas de conjugaison à la française, surtout un peu de formalité.
L'anglais, lui, me résiste surtout par la prononciation et l'orthographe. Le français et le japonais se prononcent de façon plus régulière, syllabe par syllabe ; l'anglais empile les lettres qui ne se disent pas et les voyelles qui changent d'un mot à l'autre. Beaucoup de francophones « savent » l'anglais depuis l'école sans oser le parler. Ce n'est pas la même chose qu'une langue facile.

On apprend souvent l'anglais plus vite au début, parce qu'on le croise partout. Je ne le trouve pas pour autant plus simple. La façon de construire une phrase japonaise est souvent plus spécifique, plus directe. Une fois les particules en place, on dit ce qu'on veut dire sans trop tourner autour.
Les avantages d'étudier le japonais et l'anglais
Et si vous étudiiez les deux langues ensemble ? Elles se parlent bien l'une avec l'autre. Le Japon s'est largement ouvert à l'Occident au XXe siècle, et l'anglais a laissé une trace visible dans le japonais moderne.
On estime qu'il existe plus d'un millier de mots d'origine anglaise écrits en katakana. D'autres langues, comme le portugais, le français et l'espagnol, ont aussi laissé des emprunts. Si vous voulez voir comment ces mots s'organisent, lisez nos articles sur pourquoi beaucoup de Japonais parlent peu anglais et sur les similitudes entre le japonais et d'autres langues.

Connaître déjà le français et viser le japonais plus l'anglais n'est pas une contradiction. Vous verrez assez vite comment les gairaigo (les emprunts) aident d'un côté, et comment le japonais parlé peut sembler plus régulier que l'anglais de l'autre. Il reste aussi des mots japonais d'origine portugaise, témoins d'échanges plus anciens.
N'apprenez pas une langue par obligation
Demandez à quelqu'un qui apprend l'anglais pourquoi il étudie cette langue. Il dira souvent des choses comme :
- Parce que je veux avoir un bon travail ;
- Parce que je dois entrer à l'université ;
- Parce que mes parents m'y obligent ;
- Parce que c'est une langue utile ;
- Parce que c'est la langue la plus parlée dans le monde ;
- Autres.
Si vous y prêtez attention, vous verrez que ces raisons sont liées à quelque chose d'externe. La motivation ne vient pas de la personne elle-même.
Elles apprennent simplement par obligation. C'est pourquoi beaucoup essaient l'anglais et n'y arrivent pas. Il manque le désir, l'effort, un vrai moteur. Ceux qui étudient le japonais le font en général pour des raisons comme :
- Parce que j'aime les animés ;
- Parce que j'aime la culture ;
- Parce que je trouve ça intéressant ;
- Parce que les Japonaises sont belles ;
- Parce que je veux comprendre les RPG et les light novels en japonais ;
- Parce que j'ai une petite amie japonaise ;
- Parce que j'aime la J-pop (ou le Vocaloid).
Toutes ces raisons tiennent à un sentiment fort à l'intérieur de la personne, une motivation intérieure. Cela peut sembler ridicule vu de l'extérieur, mais ce sont des choses pour lesquelles on a un attachement réel, qui pousse à continuer.

Le mot « aimer » a un sens plus profond qu'on ne l'imagine. On peut dire « aimer » comme on dit « adorer », mais l'intensité n'est pas la même. Quand le désir vient de vous, l'étude tient plus longtemps.
C'est pourquoi il vaut mieux apprendre ce que vous désirez, et non ce que les autres imposent. J'ai aussi beaucoup aimé cette phrase de la professeure de coréen 바보 (AiLeen) :
« Si l'élan pour faire quelque chose est authentique et vient de l'intérieur, les chances que l'entreprise réussisse augmentent de façon exponentielle. »
Il n'existe pas de langue inutile
Les gens disent que le japonais ne sert à rien, que cela ne vous aidera en rien. Ils ont tort. Il n'existe pas de langue inutile ; cette idée est absurde.
Chaque langue a une utilité. Prenons le catalan, par exemple.
Le catalan est parlé par environ 10 millions de personnes. Langue romane, proche à la fois de l'espagnol, de l'occitan et, sur bien des points, du français, on le parle à Barcelone, aux Baléares, au Pays valencien, en Andorre — et aussi dans les Pyrénées-Orientales, de notre côté de la frontière.
Que peut-on faire en parlant catalan ? Voyager autrement à Barcelone, lire une littérature propre, suivre une langue qui a longtemps compté en Méditerranée. Ce n'est pas « le nombre de locuteurs » qui décide si une langue mérite d'être apprise.

Pour apprendre une langue, il faut une raison forte. Traiter le japonais comme une simple case à cocher ne suffit pas. Avec le japonais, vous pouvez viser un séjour, un projet de vie au Japon, ou simplement comprendre ce que vous aimez sans sous-titres. Ce n'est pas une consolation : c'est déjà une porte.
Bien sûr, l'anglais ouvre aussi beaucoup de portes, et il aide souvent à apprendre d'autres langues. Le problème, c'est que la plupart des gens l'étudient seulement par obligation, et non parce qu'ils aiment l'anglais. Si vous n'aimez pas l'anglais, les résultats restent rares.
Au fond, peu importe le nombre de locuteurs. Si la motivation est là, elle suffira à vous faire étudier. Bonnes études ;)
Par où commencer ?
Si vous hésitez encore, ou si vous ne savez pas par où commencer, le site a déjà de quoi avancer sans tout payer d'un coup. Vous pouvez lire pourquoi le japonais semble parfois plus accessible qu'on ne le dit, ou combien de temps il faut vraiment pour apprendre le japonais.
Les animés et les dramas aident surtout si vous les utilisez comme complément, pas comme miracle : on en parle dans apprendre le japonais avec les animés. Pour le quotidien, il existe aussi des applications sur Android et iOS et le cours gratuit Erin de la Fondation du Japon.
Le reste, c'est de la régularité. Une langue que vous aimez tient plus longtemps qu'une langue que vous subissez.
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