Pâques au Japon n'est pas aussi populaire que dans d'autres pays : beaucoup de gens ne savent même pas qu'elle existe. Les chrétiens représentent environ 1 % de la population, et le printemps japonais a déjà d'autres rendez-vous plus visibles.
Ironiquement, Noël, bien qu'étant une fête chrétienne, est très parlé et célébré au Japon, même si d'une manière différente. Alors pourquoi n'est-ce pas le cas pour Pâques ? Pourquoi n'est-ce pas si populaire ?
Pâques en japonais s'appelle fukkatsusai [復活祭], où fukkatsu signifie résurrection et sai signifie festival. La fête peut aussi s'appeler iisutaa [イースター], dérivé de l'anglais Easter.
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Pâques reste peu connu de la population
Noël est devenu très populaire au Japon et s'est transformé en une sorte de Saint-Valentin commerciale, portée par les vitrines, les gâteaux et les rendez-vous de couple. Pâques, elle, n'a presque pas trouvé ce créneau.
Ce n'est pas un jour férié. Le calendrier officiel s'arrête pour l'équinoxe de printemps et, plus tard, pour la Golden Week à partir du 29 avril — pas pour le dimanche de la Résurrection. La date elle-même bouge : Pâques tombe un dimanche entre la fin mars et la fin avril. Un visiteur qui arrive « à Pâques » peut donc tomber en pleine saison des cerisiers, ou juste avant, sans qu'aucune enseigne ne l'annonce.
Même sur le plan commercial, la fête n'a pas vraiment pris. Il y a peu de produits à vendre, et certains Japonais ne savent même pas de quoi il s'agit. D'autres confondent le mot anglais Easter avec « étoile » (star).

Cette fête n'a pas très bien fonctionné parce que les Japonais n'ont pas l'habitude d'échanger des cadeaux lors des dates commémoratives. Ils offrent déjà beaucoup lorsqu'ils rendent visite ou pour remercier ; même à Noël, l'échange n'est pas aussi automatique qu'en Occident.
La Saint-Valentin et le White Day, en février et en mars, ont popularisé l'échange de chocolats. Que dire d'une autre fête sucrée juste après ? Sans compter qu'en avril s'ouvre déjà le hanami.
La croissance de Pâques au Japon
L'intérêt augmente un peu chaque année. Certaines boutiques, surtout celles qui ont un lien international ou qui appartiennent à de grandes marques, fabriquent des sucreries et des objets sur le thème de Pâques et trouvent un public. Dans les supermarchés, on peut croiser quelques paquets saisonniers ; ce n'est pas le raz-de-marée de Halloween ou de Noël.
Tokyo Disney a longtemps aidé à diffuser l'imagerie de Pâques au Japon, avec des événements de printemps, des chasses aux œufs et des souvenirs. Ce n'est plus le rendez-vous automatique de chaque année : le parc change son calendrier, et il faut vérifier l'édition en cours plutôt que de compter sur une saison permanente.
Pâques est essentiellement une date pour célébrer la résurrection de Jésus-Christ. Cette date est pourtant devenue, dans beaucoup de pays, quelque chose de commercial, rempli de traditions qui n'ont rien de biblique. Je trouve moi-même absurde le lien entre la fête, le lapin et les chocolats.
Chaque pays a sa façon de célébrer : certains ne mangent même pas d'œufs en chocolat, mais d'autres plats. De même, les chrétiens au Japon ont leur propre manière de vivre ce dimanche, dans des églises souvent petites, sans attendre que le marketing s'en mêle.
Vocabulaire japonais sur Pâques
- 復活祭 — Fukkatsu-sai — Pâques
- イースター — Iisutaa — Easter
- ハッピー イースター — Happii Iisutaa — Joyeuses Pâques
- イエス キリスト — Iesu Kirisuto — Jésus-Christ
- チョコレート — Chokoreeto — Chocolat
- うさぎ — Usagi — Lapin
- 卵 — Tamago — Œuf
Un festival de la fertilité au même moment
Le Kanamara Matsuri, aussi appelé « festival du pénis d'acier », se tient à Kawasaki le premier dimanche d'avril. On y voit des processions avec de grandes statues de pénis, qui parlent de fertilité, de protection et, aujourd'hui, aussi de santé sexuelle.
Les deux rendez-vous peuvent se croiser sur le calendrier : Pâques tombe parfois le même week-end, parfois quelques semaines plus tôt ou plus tard. Dans le Kanamara Matsuri, les participants portent des statues et célèbrent la fertilité ; à Pâques, les œufs et le lapin portent, dans l'imaginaire occidental, la même idée de renaissance au printemps.
Malgré les différences culturelles et religieuses, on peut voir une certaine convergence de thèmes — fertilité, vie qui recommence — sans forcer le parallèle : l'un est un matsuri shinto très local, l'autre une fête chrétienne que le Japon n'a jamais adoptée comme jour chômé.
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