Château de Nagoya : palais Hommaru, kinshachi et visite

Château de Nagoya : palais Hommaru, kinshachi et visite

Le tenshu reste fermé ; le palais Hommaru porte la visite

Beaucoup de voyageurs arrivent à Nagoya pour les deux silhouettes dorées au faîte du donjon : les kinshachi, ces poissons-tigres qui veillent sur la ville depuis l'époque d'Edo. On les voit de loin, et l'on se dit que le reste de la visite sera l'intérieur de la tour.

Or le tenshu de béton, reconstruit après 1945, est fermé au public depuis 2018. Ce n'est pas une coquille vide : le palais Hommaru, rouvert en bois, a pris la place du parcours.

Donjon du château de Nagoya derrière ses murs de pierre, et façade en bois du palais Hommaru
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Histoire du château de Nagoya

Une forteresse occupait déjà le site au XVIe siècle, dans la province d'Owari. En 1610, Tokugawa Ieyasu ordonne un château neuf : une position sur le Tōkaidō, assez solide pour loger son fils Yoshinao et tenir le centre du Japon. Le chantier s'achève vers 1615. Pendant toute l'époque d'Edo, Nagoya-jō reste le siège de la branche Owari des Tokugawa.

Le 14 mai 1945, un raid aérien incendie le donjon et le palais. La reconstruction du tenshu, en béton, est achevée en 1959. Comme de nombreux châteaux japonais détruits pendant la guerre, Nagoya a retrouvé sa silhouette, pas ses matériaux d'origine. Une partie des peintures du palais, mise à l'abri avant les bombardements, a survécu : on la retrouve aujourd'hui dans le Hommaru reconstruit, pas dans la tour.

Donjon du château de Nagoya vu depuis l'enceinte, toits verts et kinshachi dorés

Points forts du château de Nagoya

Les dauphins dorés (kinshachi)

L'un des symboles les plus connus du château est la paire de dauphins dorés, les kinshachi, qui couronnent le sommet du donjon principal. Dans la tradition, le shachihoko protège du feu ; à Nagoya, il est aussi devenu la marque de la ville. Ceux que l'on photographie aujourd'hui datent de la reconstruction de 1959 : on les voit bien depuis l'enceinte, même sans entrer dans la tour.

Le palais Hommaru

Le palais Hommaru (Honmaru Goten) est, depuis sa réouverture le 8 juin 2018, le vrai intérieur de la visite. Reconstruit en bois de hinoki selon les méthodes d'époque, il reprend le plan du palais Tokugawa du XVIIe siècle. On retire les chaussures à l'entrée, on laisse les grandes valises au casier, et l'on circule entre les salles aux panneaux peints — pins, oiseaux, feuilles d'or — dans une lumière volontairement basse, sans climatisation ni flash.

L'entrée au palais est comprise dans le billet du château. Dernière admission à 16h00 : compter environ dix minutes à pied depuis la porte principale, donc ne pas arriver au fil de l'heure.

L'arbre Kaya-no-Ki et la pierre Kiyomasa

Le domaine du château abrite un arbre rare, le Kaya-no-Ki (Torreya nucifera), vieux de plus de 600 ans et classé monument naturel. Il était déjà là quand le château a été bâti. Non loin, l'imposante pierre Kiyomasa — le plus gros bloc des murs — porte le nom de Katō Kiyomasa, le daimyō à qui la légende attribue le transport de cette pierre jusqu'à Nagoya. D'autres blocs portent encore les marques des vingt seigneurs réquisitionnés pour le chantier de 1610.

Jardins et portes

Les jardins Ninomaru offrent un cadre plus calme, surtout au printemps sous les cerisiers et à l'automne avec les érables. Tours et portes restaurées encadrent encore l'enceinte. Le musée Nishinomaru Okura, dans un bâtiment qui reprend la forme des anciens greniers, raconte l'histoire de la place forte ; dernière entrée à 16h00 également.

Salle du palais Hommaru aux panneaux dorés et maquette de Nagoya à l'époque d'Edo

Le donjon, aujourd'hui fermé

Jusqu'en 2018, on montait les étages du tenshu : expositions, maquette d'une ville d'Edo, armures, terrasse près des kinshachi. Cette visite intérieure n'existe plus. La municipalité a fermé le donjon pour des raisons de résistance aux séismes, et aucune date de réouverture n'est affichée sur le site officiel.

On photographie donc la tour depuis les douves et les cours. Si vous cherchez un donjon encore visitable dans le même esprit de voyage, le château de Himeji reste la référence ; plus près de Nagoya, le château de Gifu complète un itinéraire dans le Chūbu.

Reconstitution du transport de la pierre Kiyomasa et kinshachi doré du château de Nagoya

Préparer sa visite du château de Nagoya

Le site se traverse sans guide obligatoire. Comptez deux à trois heures pour le palais, les murs et le jardin sans courir. La file du Hommaru se fait en partie à l'extérieur : arriver à l'ouverture évite l'attente au soleil.

Horaires : 9h00–16h30, dernière entrée 16h00. Fermé du 29 décembre au 1er janvier.

Tarif adulte : 500 yens jusqu'au 30 septembre 2026 ; 1 000 yens à partir du 1er octobre 2026. Collégiens et plus jeunes : gratuit. Le palais Hommaru est inclus.

Accès : métro ligne Meijō, station Nagoyajō (M07). Autre option : ligne Tsurumai, station Sengen-chō (T05).

On paie en yens, par carte ou avec une carte IC (manaca, toica, Suica, PASMO et les autres réseaux japonais). Un billet combiné avec le jardin Tokugawaen existe (640 yens aujourd'hui). À deux pas de la porte principale, Kinshachi Yokocho rassemble des restaurants de spécialités de Nagoya.

Pour 500 yens aujourd'hui — et le double à partir d'octobre 2026 — on n'achète plus une montée dans la tour, mais une enceinte encore lisible et un palais que la branche Owari des Tokugawa aurait reconnu. Le site officiel publie aussi une visite virtuelle du Hommaru, utile pour préparer le trajet.

Sources et liens utiles

À propos de l'auteur

Kevin Henrique

Spécialiste avec plus de 10 ans d'expérience en culture asiatique, avec un focus sur le Japon, la Corée, les anime et les jeux. Autodidacte, écrivain et voyageur centré sur l'enseignement du japonais, les conseils de voyage et les curiosités profondes.

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