Cinq yens, un petit trou au centre, et soudain le Japon parle de destin. La pièce goen (5円) vaut peu dans le porte-monnaie, mais elle revient sans cesse dans les sanctuaires, les colliers de voyage et les histoires de « bonne rencontre ». Ce n’est pas magie pure : c’est un jeu de sons, un design d’après-guerre et une habitude de jeter des saisen avec intention.
On la confond parfois avec une pièce « antique » parce qu’un yen de 5 existait déjà en or au XIXe siècle. La version que vous tenez aujourd’hui — laiton, trou central, riz et engrenage — est bien plus récente. Voici le sens de ご縁, l’usage en offrande, et pourquoi le trou n’est pas une légende mystique.
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Pourquoi le goen est-il considéré comme la monnaie de la chance ?
La pièce de 5 yens porte-bonheur surtout parce que sa lecture, go-en, sonne comme 御縁 (goen) : lien, affinité, rencontre favorable. Offrir un 5円, c’est souvent souhaiter une bonne connexion — avec un kami, une personne, un projet — plus qu’« amour » au sens exclusif. Beaucoup y voient un porte-bonheur relationnel ; d’autres parlent simplement de chance au sens large.
Séparément, les kanjis de 御縁 évoquent :
- 御 — préfixe honorifique (respect, politesse) ;
- 縁 — affinité, relation, bord, rive : ce qui relie deux êtres ou deux moments.
Le second kanji apparaît aussi dans des noms et des expressions sur le fil qui unit les gens. C’est cette homophonie entre 五円 et 御縁 qui a transformé une petite pièce jaune en amulette de lien. On la glisse dans un portefeuille, on la passe en collier, ou on la jette dans la boîte d’offrandes en demandant que la rencontre « prenne ».

Comment la pièce de 5 yens est-elle utilisée ?
En dehors du commerce, le goen sert d’ornement (bracelets, porte-clés, souvenirs) et surtout d’offrande. Dans les sanctuaires shinto et souvent devant les temples, jeter des pièces dans la saisen-bako fait partie du rituel : certains choisissent expressément le 5 yens pour « établir un bon lien » avec la divinité du lieu. Ce n’est pas une règle religieuse stricte — le cœur de la prière compte plus que le montant — mais la superstition de la prononciation reste très vivante.
D’autres jettent ces monnaies en espérant de nouvelles rencontres : amitié, travail, amour. Certains placent un 5 yens comme première pièce dans un portefeuille neuf. On entend aussi dire qu’un 50 yens (également troué) « multiplierait » la chance — ce sont des croyances populaires, pas des formules officielles.
Le Japon multiplie les jeux de sons : le 4 et le 9 inquiètent souvent (shi / ku, proches de mort et de souffrance), tandis que le Kit Kat séduit à l’époque des examens parce que kitto katsu évoque « tu vas sûrement gagner ». Même logique pour le goen : la langue oriente le geste.

Pourquoi les pièces de 5 et 50 yens sont-elles perforées ?
Beaucoup se demandent d’où vient le trou du 5 et du 50 yens. Même au Japon, la réponse n’est pas un mythe unique : il y a des raisons techniques et d’identification, plus une longue tradition de monnaies trouées en Asie.
Le 5 yens moderne en laiton apparaît en 1948 (type « pigeon », sans le design actuel). Dès 1949, une version à trou central est frappée : économie de métal après-guerre, distinction plus nette par rapport à d’autres pièces de taille proche, et plus tard une aide réelle pour les personnes malvoyantes. Le 50 yens, d’abord plein, a reçu un trou pour le différencier du 100 yens. Autour du trou du 5 yens, l’engrenage évoque l’industrie ; le riz qui sort de l’eau et les pousses au revers parlent agriculture et pêche — piliers de l’économie d’alors. C’est aussi la seule pièce japonaise en circulation sans chiffres arabes.
Le Japon n’est pas seul : d’autres pays (Chine, Danemark, Norvège, etc.) ont eu ou ont encore des monnaies perforées. Autrefois, le trou servait à enfiler les pièces, à limiter la contrefaçon ou à simplifier la production. Avec la frappe moderne, beaucoup de pays ont abandonné la pratique ; le Japon a gardé le 5 et le 50 yens comme signature tactile du monnayage.

Des monnaies trouées bien avant le goen d’aujourd’hui
Le trou du goen moderne n’invente pas l’idée. Il y a plus de mille ans, des monnaies d’influence chinoise au Japon avaient un trou carré ; pendant l’époque Edo (1603–1868), des monnaies trouées circulaient encore. On raconte parfois que le cercle représentait le ciel et le carré la terre, et que le trou facilitait le port enfilées. Certaines pièces ont même servi de boutons ou d’ornements. Ces usages historiques expliquent le confort culturel du « trou au milieu », même si le 5 yens d’après 1949 répond surtout à des besoins de frappe et d’identification.
Pour situer le yen dans le système monétaire japonais, voir aussi : le yen et les pièces du Japon.
Et la couronne danoise : quelle pièce n’a pas de trou ?
La monnaie du Danemark est la couronne (krone, code DKK), aussi utilisée au Groenland ; 100 øre font 1 couronne. Les pièces courantes incluent des øre et des valeurs en couronnes (1, 2, 5, 10, 20, etc., selon les émissions).
Les pièces danoises avec un trou au centre sont surtout celles de 1, 2 et 5 couronnes. Les petites valeurs en øre et plusieurs pièces d’autres montants n’ont pas de trou : si vous cherchez « quelle pièce danoise n’a pas de trou », la réponse honnête est « presque toutes sauf 1, 2 et 5 krone » — le contraste avec le Japon, où seules 5 et 50 yens sont trouées, explique bien la curiosité croisée.

En bref : le goen n’est pas « chance » parce qu’il est troué, mais parce qu’il se dit comme ご縁 ; le trou, lui, raconte l’après-guerre, le toucher et une très vieille habitude monétaire. La prochaine fois que vous en glisserez un dans une offrande, vous saurez ce que le son et le design racontent vraiment.
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