Entre un écran rempli d’applications et une toupie en bois qui tourne sur le tatami, l’enfance japonaise garde les deux. Certains des jouets les plus célèbres parmi les enfants japonais ont des siècles d’âge — fil, papier, bois — et cohabitent sans gêne avec les cartes Pokémon.
Ce qui les fait tenir n’est pas seulement la nostalgie. Un cerf-volant tako, un koma ou un kendama demandent équilibre, timing et un peu d’entêtement. Voici sept jouets et jeux qui en disent long sur la façon dont les enfants — et beaucoup d’adultes — s’amusent encore au Japon.
Sommaire 9
Comment les enfants japonais s’amusent-ils ?
Beaucoup imaginent d’abord les jeux vidéo, puis le foot, le vélo ou le tennis. Tout cela existe, bien sûr. Les formes de divertissement changent selon le pays et l’époque. Au Japon, les jouets traditionnels n’ont jamais totalement quitté la pièce : ils partagent le calendrier avec les consoles, les modes de cour d’école et les produits dérivés de personnages.
Certains jouets éducatifs japonais, comme d’autres pans de la culture du pays, puisent des racines dans la tradition chinoise. Des jeux empruntés aux voisins ont été repris, remaniés et adoptés génération après génération jusqu’à paraître locaux. Même quand l’informatique et les gadgets ont gagné du terrain, plusieurs de ces classiques sont restés dans les boutiques, les fêtes du Nouvel An et les salons.
1 – Cerfs-volants – Tako
On pense que les cerfs-volants sont arrivés au Japon avec des moines bouddhistes venus de Chine à l’époque de Nara (710-794). Styles et formes varient beaucoup : chaque région a sa silhouette. Les décors s’inspirent souvent du folklore, de la religion ou de symboles qu’on reconnaît encore aux festivals et en famille.

2 – Cartes Pokémon
Tous les favoris n’ont pas des siècles. Les cartes Pokémon font le pont avec le présent : collectionner des personnages, construire un deck et lire les conditions de combat transforme le jeu en stratégie. Une boîte premium complète rend le duel plus confortable — mais l’attrait reste le mélange de collection et de raisonnement qui garde les enfants (et les plus grands fans) à table.

3 – Koma
Le koma est la toupie japonaise. À la différence de bien des versions européennes lancées seulement à la main, les modèles à corde sont courants : on enroule le fil, on tire, et l’on espère que la toupie tienne l’équilibre. L’élite s’amusait déjà avec des toupies dès l’époque de Heian (794-1192) ; au fil des siècles, les variantes se sont multipliées — certaines sifflent, d’autres dessinent des motifs, et le beigoma de compétition transforme le sol en petite arène.

4 – Kendama
Ce jouet d’adresse s’est développé au Japon tout en partageant l’idée du bilboquet avec des cousins européens. L’ensemble est simple : un manche en croix avec une pointe et trois cupules, plus une balle percée reliée par un fil. À partir de cette forme, on peut enchaîner environ une centaine de figures — attraper la balle dans une cupule, la poser sur la pointe, lier les mouvements sans la laisser tomber.
Le kendama n’est pas réservé aux enfants. Des adultes passionnés et des défis en ligne le maintiennent bien au-delà du coffre à jouets.

5 – Go (碁)
L’un des plus anciens jeux de plateau du monde reste très vivant au Japon. Les joueurs s’affrontent sur une grille de 19 lignes horizontales et 19 verticales et placent tour à tour des pierres noires et blanches sur les intersections. Les pierres sont des disques aplatis — environ 22 mm de diamètre et 7 mm d’épaisseur dans les jeux standards. L’objectif est le territoire : des points libres solidement entourés par ses propres pierres. La patience et le calcul à long terme comptent plus qu’un seul coup spectaculaire.
Pour les règles et le contexte culturel en détail, lire notre guide du jeu de go au Japon.

6 – Shogi (将棋)
Le shogi est les échecs japonais sur un plateau 9 × 9. Sente et Gote commencent chacun avec vingt pièces de tailles graduées, marquées de kanji. On joue au tour par tour. La règle signature est la réutilisation : une pièce capturée peut revenir plus tard sur le plateau comme la vôtre, ce qui garde la partie ouverte jusqu’à ce que le roi soit enfin piégé.

7 – Origami
Parmi les loisirs japonais, l’origami — littéralement « papier plié » — ne demande presque rien : une feuille carrée et de la patience. Autrefois, le papier plié décorait lettres et cadeaux chez les samouraïs et les aristocrates ; plus tard, il est devenu un passe-temps quotidien pour les enfants. Yoshizawa Akira (1911-2005) a ensuite élevé le pliage au rang d’art reconnu.
Pour aller plus loin sur les plis et la culture du papier, voir notre page sur l’origami, l’art japonais du pliage.

Conclusion
Pendant des siècles, les enfants au Japon ont fait voler des tako, lancé des toupies et enchaîné des figures au kendama. Ces jouets et jeux traditionnels se transmettent encore d’une génération à l’autre, à côté des cartes de personnages et des écrans.
Certains exigent dextérité et précision ; d’autres demandent de la logique et d’anticiper une longue série de coups. Pour progresser, il faut de la patience — et la curiosité de découvrir combien de techniques un seul jeu peut encore offrir.
Communauté
Commentaires
0 commentaires
Aucun commentaire publié dans cette langue pour le moment.
Envoyer le commentaire