Si vous vous préparez à l'examen du permis japonais, ou si vous allez conduire sans encore lire le kanji à toute allure, le premier choc n'est pas le volant à droite : c'est le triangle rouge inversé. En France, cette forme dit « cédez le passage ». Au Japon, elle ordonne l'arrêt complet — 止まれ (tomare).
Les formes suivent un standard international, mais le kanji, le sens des pictogrammes et les versions bilingues depuis 2017 changent la lecture. Le sol compte autant que le poteau : vitesse, arrêt et priorités sont souvent peints sur l'asphalte. Piétons et cyclistes respectent les mêmes lois ; l'amende n'est pas un décor.
Sommaire 4
Panneaux de réglementation japonais
Les panneaux de réglementation (規制標識 — kisei-hyōshiki) indiquent interdictions, obligations et restrictions. Je mets en évidence ceux qui trompent le regard ; d'autres se comprennent tout seuls, une fois le code des formes en tête.
Le stop japonais est un triangle rouge pointe en bas, avec le texte 止まれ (tomare, « arrête-toi »). Depuis 2017, les nouveaux panneaux ajoutent aussi le mot anglais STOP en blanc ; les anciens, encore nombreux, n'ont que le japonais. Ce n'est pas l'octogone français. Les interdictions sont rondes, fond blanc, bordure rouge, pictogramme bleu. Les obligations sont rondes, fond bleu, pictogramme blanc.
通行止め (301) — route fermée à toute circulation, y compris les piétons. Le panneau voisin ferme l'entrée aux véhicules, piétons encore autorisés. Le disque rouge à barre blanche, lui, est le sens interdit. Ne les mélangez pas : le premier coupe vraiment le passage, le troisième ressemble au nôtre mais se lit dans un carrefour à gauche.

Les panneaux d'interdiction de stationner ou de s'arrêter peuvent porter un horaire. Une barre oblique sur fond bleu, c'est le stationnement interdit : un arrêt de moins de cinq minutes, conducteur au volant, pour charger ou décharger, reste en général possible. Deux barres, c'est l'arrêt et le stationnement : là, on ne s'arrête pas du tout.
Deux panneaux portent 徐行 (jokō). Le triangle inversé à bordure rouge n'est pas un cédez-le-passage : il demande de rouler assez lentement pour pouvoir s'arrêter net. Le second, souvent avec un panonceau, précise une priorité ou une zone. Tout en bas, le fameux tomare : arrêt obligatoire, ligne blanche devant l'intersection.
Les disques bleus à flèches indiquent la direction obligatoire ou autorisée. D'autres bleus, plus rares, disent encore ce que vous devez faire, pas ce qui est « conseillé ».

Panneaux d'avertissement
Les panneaux d'avertissement n'ont pas besoin d'un long mode d'emploi : ils préviennent de ce qui arrive sur la chaussée — virage serré, animal, vent, glissance. Ils se trouvent en général 30 à 200 mètres avant le point signalé. Au Japon, on les appelle 警戒標識 (keikai-hyōshiki) : losange jaune, même famille que chez nous, avec deux particularités.
La première, c'est le sens des silhouettes. Personnes et animaux marchent souvent « à l'envers » par rapport à un panneau français, parce que la circulation se fait à gauche. La seconde, c'est le bestiaire : on ne se contente pas d'un cerf générique.

Le point d'exclamation couvre les autres dangers, sans les nommer. On voit aussi des lièvres, des macaques, et le tanuki (chien viverrin) — pas un raton laveur. Le troisième panneau de la deuxième colonne, c'est le vent de travers. Le deuxième de la première colonne, les chutes de pierres. Le dernier, la chaussée glissante.
Autres signalisations au Japon
Les panneaux d'indication s'appellent 指示標識 (shiji-hyōshiki). Ils existent en plusieurs formats, souvent bleus, et disent où l'on va plutôt que ce qui est interdit.
Les boucliers de route portent le numéro de la voie : bleu pour les routes ordinaires, vert pour les autoroutes (ne cherchez pas le bleu d'autoroute français). Au Japon, certains passages piétons sont aussi ouverts aux vélos, sans descendre du vélo comme on le ferait ailleurs. D'autres panneaux indiquent carrefours, quartiers, gares, parfois même un escalier mécanique.

Panneaux complémentaires (補助標識 — hojo-hyōshiki) : rectangles blancs sous le panneau principal, avec une précision d'horaire, de véhicule ou de portée. Quelques mots qui reviennent :
- ここから — koko kara — à partir d'ici ;
- ここまで — koko made — jusqu'ici ;
- 停 — idéogramme d'arrêt (sans être le verbe) ;
- 終点 — shūten — terminus ;
- 始点 — shiten — point de départ ;
- 注意 — chūi — attention ;
- 入口 — iriguchi — entrée ;
- 出口 — deguchi — sortie.
On roule toujours à gauche, à vélo comme en voiture. Les piétons, sur une route sans trottoir, se tiennent plutôt à droite. Les panneaux se cachent parfois dans un angle moche : un tomare bas, un panonceau d'horaire collé trop près du poteau. Lisez le couple panneau + rectangle blanc, pas seulement le disque.
Si un panneau vous échappe encore, notez le kanji et le numéro (301, 330…) : c'est souvent plus fiable qu'une traduction approximative du pictogramme.
Conduire avec un permis français
Le permis international français n'est pas reconnu au Japon : Tokyo s'aligne sur la convention de Genève de 1949, pas sur celle de Vienne de 1968. Pour un séjour court, on conduit avec le permis national plus une traduction certifiée, délivrée surtout par la JAF (Japan Automobile Federation), parfois par ALADDIN. La traduction se demande sur place, pas à l'ambassade.
Au-delà d'un an de résidence, il faut passer par l'外免切替 (gaimen kirikae) : l'échange du permis étranger, avec preuve d'au moins trois mois en France après l'obtention du titre. Le détail des pièces est dans le guide pour échanger son permis de conduire étranger au Japon.
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