Au Japon, le mot kasa (傘) désigne d'abord le parapluie au sens large. Dans la vie quotidienne, il peut s'agir d'un modèle transparent acheté en supérette comme d'un higasa pour se protéger du soleil. Quand on parle de wagasa, on entre dans l'univers du parapluie traditionnel japonais, en bambou et en washi, encore lié à l'artisanat, aux cérémonies et à l'esthétique des quartiers historiques.
Cette nuance aide à comprendre pourquoi le parapluie occupe une place si visible au Japon, entre saison des pluies, été humide et goût pour les objets pratiques bien conçus. Si vous avez déjà lu notre article sur les mots japonais liés à la pluie, vous verrez que le vocabulaire autour de l'eau et du climat est loin d'être anecdotique.
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Que veut dire kasa au Japon ?
Le mot kasa sert souvent de terme générique. Les Japonais précisent ensuite le type d'usage : higasa (日傘) pour l'ombrelle de soleil, wagasa (和傘) pour le parapluie traditionnel, ou encore des noms plus précis selon la forme et la fonction. Il faut aussi distinguer ce mot du kasa écrit 笠, qui renvoie à certains chapeaux anciens. La prononciation est la même, mais le sens ne l'est pas.
Wagasa : le parapluie traditionnel japonais
Le wagasa est fabriqué à partir d'une armature de bambou, de fil et de washi, puis huilé ou décoré selon l'usage. Ce n'est pas un simple accessoire folklorique. On le retrouve dans les spectacles, les cérémonies du thé en plein air, certaines danses, les séances photo et les mariages traditionnels.
Des maisons comme Tsujikura, à Kyoto, rappellent que cet artisanat est transmis depuis l'époque d'Edo et distinguent encore plusieurs familles de wagasa. Le bangasa est un parapluie de pluie robuste, le janomegasa se reconnaît à ses anneaux concentriques, tandis que le higasa traditionnel sert davantage d'ombrelle ou d'accessoire de scène.

Pourquoi le wagasa reste à part
Les wagasa fabriqués à Gifu sont réputés pour leur silhouette fine et leur façon de rester élégants aussi bien ouverts que fermés. Leur fabrication demande une succession d'étapes minutieuses : pose des baleines en bambou, tension du papier, huilage, séchage, couture et assemblage final. Ce soin explique pourquoi on les voit aujourd'hui comme des objets d'art autant que comme des parapluies.
Dans un quartier historique de Kyoto, un wagasa rouge près d'une maison de thé ou d'une rue pavée n'est pas seulement décoratif. Il évoque tout un imaginaire de théâtre, de saisons et de gestes anciens, au même titre que les lanternes, les éventails ou les tissus teints à la main.
Le parapluie du quotidien au Japon
À l'autre extrémité du spectre, le Japon est aussi le royaume du parapluie transparent. On en trouve facilement, ils laissent le champ de vision dégagé et ils conviennent bien aux trottoirs denses des grandes villes. C'est le modèle que beaucoup d'habitants utilisent sans y penser, surtout pendant la saison des pluies.
En été, l'usage du higasa reprend le dessus. Longtemps associé aux femmes, il est désormais présenté plus largement comme une protection pratique contre le soleil et la chaleur humide. Dans un pays où marcher longtemps en plein mois d'août peut vite devenir éprouvant, cette ombrelle n'a rien d'un détail de mode.

Quelques formes de kasa que l'on croise au Japon
- Higasa : ombrelle pensée avant tout pour l'ombre et les fortes chaleurs.
- Bangasa : modèle traditionnel plus robuste, historiquement lié à la pluie.
- Janomegasa : wagasa orné de cercles concentriques, très présent dans l'imaginaire visuel japonais.
- Parapluie transparent : version moderne la plus courante dans les rues et devant les supérettes.
- Nodategasa : grande ombrelle utilisée lors des cérémonies du thé en extérieur.
Un objet banal qui dit beaucoup du Japon
Ce qui rend le kasa intéressant, ce n'est pas seulement sa forme. C'est la façon dont un même objet relie la météo, l'artisanat, l'étiquette et le paysage urbain. Le même pays qui a conservé des ateliers de wagasa plusieurs fois centenaires a aussi popularisé des parapluies transparents que l'on achète presque machinalement avant de prendre le train.
Si ce sujet vous intrigue, prolongez la lecture avec notre article sur l'aiaigasa, le dessin de deux personnes sous le même parapluie, ou revenez à la période de Heian pour comprendre comment certains objets et rituels ont traversé les siècles au Japon.
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