Y a-t-il des bidonvilles en Corée du Sud ? Le contraste derrière l’image moderne

Un regard plus direct sur Guryong Village, Gamcheon et une réalité sociale souvent oubliée derrière l’image moderne de...

Beaucoup de gens imaginent la Corée du Sud presque uniquement à travers les dramas, les quartiers de luxe, la technologie et une vie urbaine très raffinée. C’est justement pour cela que l’idée de bidonvilles ou d’habitats précaires surprend autant.

Après la guerre de Corée, le pays a traversé des années extrêmement difficiles. Plus tard, il est devenu l’une des économies les plus développées d’Asie, mais cette réussite n’a pas effacé toutes les inégalités. Des lieux comme Guryong Village ou Gamcheon rappellent qu’il existe aussi une autre réalité, bien moins visible.

Si ce genre de contraste social t’intéresse, tu peux aussi lire notre article sur les quartiers dangereux du Japon. Ici, toutefois, nous restons concentrés sur la Corée du Sud et sur deux cas très différents.

Guryong Village : la pauvreté à côté de Gangnam

Guryong Village se trouve à Séoul, près de Gangnam, l’un des quartiers les plus riches et les plus connus de la capitale. C’est justement cette proximité qui frappe le plus. D’un côté, des immeubles chers et des zones modernes. De l’autre, des habitants qui vivent dans des constructions fragiles faites de bois, de métal et de matériaux improvisés.

Beaucoup de familles y ont été poussées après des projets de réaménagement urbain et des déplacements liés au développement de la ville. Aujourd’hui encore, des milliers de personnes y vivent avec une infrastructure insuffisante, une électricité instable et un risque constant d’incendie ou d’expulsion.

Guryong Village en Corée du Sud
Guryong Village montre à quel point richesse et précarité peuvent coexister presque côte à côte à Séoul.

La situation est particulièrement dure pour les personnes âgées. Beaucoup vivent avec très peu d’aide publique, voire sans soutien suffisant. Il n’est pas rare de voir des seniors récupérer du carton et du papier pour survivre. Ce décalage choque d’autant plus que la Corée du Sud est souvent présentée uniquement comme un pays prospère.

Cette réalité est aussi liée à des questions plus larges, comme le vieillissement, le coût de la vie et la pression sociale. D’ailleurs, notre article sur le mal-être social en Corée du Sud aide à comprendre à quel point certaines tensions pèsent sur la société coréenne.

Maisons de Guryong Village
Le plus marquant n’est pas seulement la pauvreté du lieu, mais le fait qu’elle existe juste à côté d’un symbole majeur de réussite urbaine.

Gamcheon : d’un quartier pauvre à un lieu culturel

Gamcheon Culture Village, à Busan, raconte une histoire différente. Lui aussi est né dans un contexte de difficulté, lorsque de nombreuses personnes avaient besoin d’un endroit où vivre après la guerre et se sont installées sur les collines.

Avec le temps, le quartier a été revitalisé. Des artistes ont peint les façades, transformé les ruelles et rempli l’endroit d’œuvres, de couleurs et de sculptures. Aujourd’hui, beaucoup de visiteurs le connaissent surtout comme un lieu touristique, presque photogénique à chaque coin de rue.

Gamcheon Culture Village à Busan
Gamcheon montre comment un quartier né de la pauvreté peut devenir un repère culturel sans effacer complètement son passé.

Mais il ne faut pas trop romantiser cette transformation. Derrière les maisons colorées, il y a une histoire de précarité, de déplacement et d’adaptation. C’est ce qui rend Gamcheon si intéressant : ce n’est pas seulement un beau décor, c’est aussi un morceau de l’histoire sociale sud-coréenne.

Pourquoi la pauvreté existe-t-elle encore dans un pays si développé ?

C’est souvent la première question qui vient à l’esprit. La Corée du Sud est un pays développé, mais cela ne signifie pas que tout le monde profite de cette réussite de la même manière. Le coût élevé de la vie, l’entrée tardive dans une vie professionnelle stable, la pression sociale et l’insuffisance de certaines protections pour les personnes âgées jouent tous un rôle.

Les seniors sont particulièrement exposés dans de nombreux cas. Beaucoup ont grandi pendant des périodes beaucoup plus dures, ont travaillé sans pouvoir accumuler assez d’économies et reçoivent aujourd’hui des aides limitées. C’est pour cela que la pauvreté en Corée du Sud peut être plus visible qu’on ne l’imagine depuis l’extérieur.

Alors, y a-t-il vraiment des bidonvilles en Corée du Sud ?

Oui. Même si le terme ne recouvre pas toujours exactement la même réalité qu’ailleurs, il existe bien en Corée du Sud des zones marquées par l’habitat précaire, l’exclusion sociale et la pauvreté durable. Guryong Village en est l’exemple le plus clair. Gamcheon, de son côté, montre comment un quartier pauvre peut être transformé sans que son origine disparaisse complètement.

Au fond, la Corée du Sud est à la fois moderne, riche et socialement inégale sur certains points. Si l’on ne regarde que sa surface brillante, on passe à côté d’une partie importante de sa réalité. Qu’est-ce qui te surprend le plus ici : l’existence de ces lieux ou leur proximité avec l’image de réussite que beaucoup associent au pays ?

Kevin Henrique

Kevin Henrique

Spécialiste avec plus de 10 ans d'expérience en culture asiatique, avec un focus sur le Japon, la Corée, les anime et les jeux. Autodidacte, écrivain et voyageur centré sur l'enseignement du japonais, les conseils de voyage et les curiosités profondes.

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